Visite de printemps

 

 

 

Cet article est le premier d’une série de trois qui seront consacrés à la visite de printemps.

La visite de printemps est LA visite à ne rater sous aucun prétexte.

Toutes les ruches doivent être ouvertes et observées attentivement. Les principales raisons d’être de cette visite sont les suivantes:

  • faire le point sur la manière dont les ruches ont passé l’hiver
  • déterminer les mesures à prendre immédiatement et dans les semaines à venir en fonction du stade de développement du couvain, ruche par ruche
  • avoir une vision globale de l’état des colonies dans un rucher en vue de procéder à un équilibrage entre colonies faibles et fortes (voir article suivant)
  • mettre en place les mesures prophylactiques de saison.

 

Quand et comment effectuer la visite de printemps

Remarque préalable : lorsque l’on parle de visite de printemps, on ne fait pas référence au printemps calendaire, mais au printemps apicole. Celui-ci démarre plus ou moins tôt en fonction des années et de la situation géographique des ruchers.

La visite de printemps doit être effectuée dès que les conditions climatiques le permettent: le temps doit être chaud et ensoleillé (15 ° minimum) et sans vent. Elle doit être de courte durée: 10 à 15 minutes maximum, afin de ne pas refroidir le couvain et de ne pas provoquer de perturbations au sein du rucher.

Avant d’ouvrir une ruche, il convient de l’enfumer légèrement par le trou de vol. Ensuite, enfumer délicatement au moment de l’enlèvement du couvre-cadres ou du nourrisseur. La fumée doit être blanche et froide. L’enfumoir doit être pourvu de combustible en quantité suffisante pour effectuer la visite de l’ensemble des ruches d’un rucher. Il doit être utilisé à bon escient: certaines races d’abeilles telle la Buckfast ne requièrent que très peu de fumée, d’autres demandent une utilisation plus soutenue. Mais il ne faut ni laisser les abeilles s’échapper en grand nombre, et souvent de manière agressive, par le haut, ni leur insuffler une fumée trop chaude et les faire sortir par le trou de vol.

Une fois que la ruche est ouverte, chaque cadre sera sorti et examiné attentivement.

 

L’examen des cadres

 

Examen d’un cadre

 

L’examen des cadres permet d’évaluer:

  • l’état sanitaire de la colonie
  • l’importance de la population
  • l’âge physiologique de la reine d’après sa ponte
  • les réserves

De plus, les cadres doivent être renouvelés tous les trois ans compte tenu, notamment, de la présence des pesticides qui sont captés et emmagasinés par la cire (pour de plus amples renseignements sur les causes de disparition des abeilles, lire l’article : “de la nécessité de protéger les abeilles”).

Comment procéder

Avant toute intervention sur une ruche, il faut observer son environnement immédiat: présence d’abeilles mortes devant la ruche et sur la planche d’envol. Par une belle journée, les abeilles doivent entrer et sortir de la ruche très activement pour aller chercher pollen et nectar.

Les cadres doivent être sortis l’un après l’autre et stockés dans le même ordre que dans la ruche.

Les cadres de rives qui sont en général secs (vidés de leurs provisions d’hiver) et noircis sont retirés et remplacés par deux cires gaufrées qui seront placées de part et d’autre du nid à couvain. Ces vieilles cires seront fondues ou éventuellement mises dans les ruches destinées à piéger les essaims. Les cadres abimés devront également être remplacés. Les cadres qui auront été retirés des ruches ne devront jamais être laissés sur place!!

Attention: les cadres des ruches mortes ne doivent pas être utilisées dans ces ruchettes (risque de transmission de maladies).

Il conviendra de noter le nombre de cadres occupés par les abeilles, le nombre de cadres de couvain, de pollen et le nombre de cadres de provisions.

Se focaliser

Deux points devront retenir particulièrement l’attention: l’état sanitaire de la colonie et la qualité de la ponte de la reine.

Etat sanitaire de la colonie

  • lorsqu’une ruche est ouverte, une odeur agréable doit s’en dégager (d’où la nécessité de ne pas trop enfumer). Une odeur forte et aigre est un signe de maladie: très souvent la loque
  • les têtes de cadres doivent être propres, éventuellement garnies de cire ou de propolis. Des déjections sont généralement le signe de nosémose
  • des abeilles traînantes sur les têtes de cadres sont également le signe de maladie
  • des abeilles inertes, la tête enfoncée dans les alvéoles,  sont mortes de faim
  • certaines années où il n’y a pas eu d’hiver véritable, la ponte ne s’est pas interrompue et les varroas auront continués à se développer. Il conviendra de procéder à un traitement, avant la pose des hausses, afin de limiter leur expansion

Etat de la ponte et du couvain

  • le couvain doit être compact et bien développé (au moins trois cadres)

 

Cadre de couvain naissant

 

  • une ponte disséminée (de nombreuses cellules vides au milieu du couvain) est le signe d’une reine vieillissante (attention: ne pas se fier à son âge réel) ou de mauvaise qualité. Dans les deux cas, elle devra être remplacée dès que possible
  • si la ponte est compacte mais sur un petit nombre de cadres, prévoir un nourrissement spéculatif tous les 4 à 5 jours à raison d’un quart à un demi litre au maximum jusqu’à un redémarrage franc de la ponte (deux à trois semaines). Attention : un nourrissement spéculatif trop intense favorise l’essaimage!
  • en cas d’absence de couvain, ou de couvain de mâles uniquement, la ruche est orpheline ou bourdonneuse. La regrouper avec une autre colonie
  • si le couvain atteint 5 ou 6 cadres, il s’agit d’une forte colonie

 

Le plancher doit être propre et ne pas présenter d’abeilles mortes en quantité ou de larves calcifiées, signe de mycose. Il sera remplacé par un plancher propre et désinfecté. D’où la nécessité d’avoir plus de planchers que de ruches actives.

 

Avant de refermer la ruche

Noter sur une fiche ou sur le toit de la ruche:

  • la date de la visite
  • le nombre de cadres de couvain
  • le nombre de cadres de provisions
  • la présence éventuelle de maladies (ou de suspicion de maladies)
  • les actions à réaliser lors de la prochaine visite.

Replacer les cadres dans l’ordre après avoir éventuellement recentré le nid à couvain. Gratter ensuite les têtes de cadres contenant des construction de cire ou une présence abondante de propolis.

Avant de refermer la ruche, donner un litre de sirop dilué (50/50) afin de rassurer les abeilles et de les faire travailler pour favoriser une remonter rapide de la température interne de la ruche, et plus particulièrement du couvain.

 

Prochain article: l’équilibrage des colonies

 

Crédits photos :

  • Vivie Zizounaï
  • Antoine Bovard
  • Ranulf 1214

3 réflexions sur “Visite de printemps

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