L’essaimage naturel

 

 

Cet article abordera la question de l’essaimage naturel. Il sera suivi d’un autre article traitant de l’essaimage artificiel (l’essaimage artificiel est le nom donné à la création d’essaims par l’apiculteur).

Définition

L’essaimage est le mode de reproduction naturel des abeilles. La vielle reine quitte définitivement sa ruche, ou tout autre nid, avec une partie plus ou moins importante des abeilles de la colonie pour former un essaim.

 

Pourquoi l’essaimage ?

Les principaux facteurs déclenchant l’essaimage sont les suivants:

  • la plupart voire la quasi totalité des cadres est remplie de nectar, de miel ou de pollen. La reine ne disposant plus de l’espace suffisant cesse de pondre. Il se produit ce qu’on appelle un blocage de ponte. Les abeilles se mettent alors à édifier des cellules spécifiques, dites cellules royales (1) (de quelques unités à une cinquantaine) en vue d’élever une nouvelle reine et de chasser l’ancienne
  • la population de la ruche est trop nombreuse pour l’espace dont elle dispose.  Les phéromones royales (2) sont ainsi mal distribuées aux abeilles qui ignorent la présence de la reine et se mettent alors à construire des cellules royales 
  • le ratio nombre d’abeilles/surface du couvain est déséquilibré
  • la reine est âgée de plus de deux ans
  • certaines races d’abeilles essaiment plus fréquemment que d’autres (carniolienne)

 

Cellule royale operculée

 

A quelle période se produit l’essaimage ?

L’essaimage se produit au printemps, de mi-mars à fin juin, voire début juillet. La période peut varier en fonction de la situation géographique et des conditions climatiques. Il a généralement lieu entre 11 h et 15 h par une belle journée ensoleillée et chaude.

 

Prévoir l’essaimage : les signes précurseurs

Il n’est pas toujours aisé de prévoir qu’une ruche se prépare à essaimer avant de l’avoir ouverte.

En observant l’activité des abeilles au trou de vol, une forte activité est généralement annonciatrice de grandes rentrées de pollen et de nectar. Mais cela ne suffit pas pour en déduire qu’un essaimage se prépare. Il convient d’ouvrir la ruche. Quels sont les signes annonciateurs d’un essaimage? :

  • la quasi-totalité des cadres est remplie de pollen et/ou de miel (ou de nectar)
  • il n’y a plus de couvain ouvert (3), ou très peu
  • de nombreuses cellules royales sont accrochées sur les cadres

Ces trois observations sont révélatrices de la fièvre d’essaimage dont est atteinte la ruche.

Mais avant cela, la construction d’ébauches de cellules royales, appelées amusettes, doit retenir l’attention de l’apiculteur.

 

Deux amusettes en haut à gauche

 

Comment stopper la fièvre d’essaimage ?

L’adage populaire dit: “mieux vaut prévenir que guérir”. Cet adage trouve ici sa pleine signification. Il est en effet parfois difficile d’éteindre cette fièvre d’essaimage une fois que le processus est enclenché. L’une des solutions d’urgence consiste à enlever deux ou trois cadres de miel et de les remplacer par des cires gaufrées (4), et en même temps de prélever 1,5 kg d’abeilles.

Comment anticiper ? Au moment du plus fort développement de la colonie, il convient:

  • d’enlever régulièrement des cadres de miel en les remplaçant par des cires gaufrées qui seront positionnées entre le dernier cadre de couvain et le premier cadre de pollen
  • de prélever des cadres de couvain operculé (3)
  • de prélever des paquets d’abeilles

 

Comment se déroule l’essaimage ?

Quelques jours avant que l’essaim ne s’envole, c’est à dire quelques jours avant la naissance d’une nouvelle reine, la reine est moins nourrie par les ouvrières. Elle réduit ainsi son poids, ce qui lui permettra de s’envoler. Les abeilles se gorgent de miel afin d’avoir suffisamment de réserves pour les jours suivants, au cours desquels elles vont bâtir leur nouveau nid.

Ensuite par une belle journée, les abeilles vont sortir en masse de la ruche en émettant un bourdonnement caractéristique. Elles se regroupent alors en un véritable nuage composé de milliers d’abeilles. Les abeilles tournent en rond au dessus du rucher pendant quelques minutes puis s’en vont rapidement pour se poser sur une branche, un piquet ou dans une haie accueillante à proximité du rucher, parfois même dans le rucher, en attendant d’aller coloniser ce qui deviendra leur nid définitif.

 

 

Cellule royale ouverte: la reine est née

 

(1) Cellules royales: les ouvrières bâtissent des cellules spécifiques destinées à élever de futures reines appelées cellules royales. Lorsque la population d’une ruche devient trop importante, mais également dans d’autres circonstances, les abeilles édifient une cellule en forme de gland qui est ouverte vers le bas et qu’elles allongent au fur et à mesure de la croissance de la larve. Lorsque ce développement est arrivé à son terme, la cellule est operculée

(2) Phéromones : ce sont des substances chimiques émises par la plupart des animaux et qui agissent comme des messagers entre les individus d’une même espèce. Les abeilles émettent des phéromones de différentes natures répondant à des besoins spécifiques. La reine émet notamment une phéromone destinée à inhiber la construction de cellules royales par les ouvrières.

(3) Couvain ouvert et couvain operculé: Le couvain ouvert est constitué des œufs et des larves. Au bout de trois jours les œufs éclosent et deviennent des larves. Ces larves sont nourries de gelée royale et se développent fortement pendant les six jours suivants. A l’issue de ces six jours, les abeilles ferment les alvéoles à l’aide d’un opercule de cire. On parle alors de couvain operculé.

 

 

Un cadre de couvain ouvert : oeufs et larves

 

(4) Cire gaufrée: Les abeilles produisent de la cire pour construire les rayons qui serviront à constituer le nid à couvain et à entreposer les réserves de miel et de pollen. Pour faciliter la tâche des abeilles et obtenir des rayons plus réguliers, les apiculteurs introduisent dans les cadres vides des feuilles de cire sur lesquelles l’empreinte des cellules est portée des deux côtés. Les feuilles de cire gaufrée sont introduites dans les cadres vides et soudées sur les fils.

 

Cire gaufrée

  Feuille de cire gaufrée

 

 

 Prochain article : l’essaimage artificiel

Crédits photos:

  • Maja Dumat
  • Allispossible
  • Vipin Balija
  • Richardoyork

Une réflexion sur “L’essaimage naturel

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