Equilibrer les colonies

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Cet article fait suite à celui consacré à la visite de printemps.

Lorsqu’un rucher se compose de plusieurs ruches, la visite de printemps met en évidence des disparités entre les ruches : certaines, très populeuses avec six cadres de couvain ou davantage, d’autres avec seulement deux ou trois cadres.

Pourquoi cette disparité?

Plusieurs raisons peuvent être envisagées, dès lors que  l’on exclut les maladies :

  • les colonies fortement développées possèdent une reine qui, par sélection humaine ou naturelle, est dotée d’une forte prolificité. Ces colonies serviront à faire des essaims (la constitution d’essaims sera abordée dans un prochain article)
  • les colonies peu développées ont au contraire une reine qui devra être remplacée le plus tôt possible (article à venir)
  • ces colonies ont  manqué de provisions à la fin de l’hiver et la reine n’a démarré sa ponte que tardivement. L’arrivée du printemps et le renouveau de la végétation feront rentrer les choses dans l’ordre
  • certaines colonies sont naturellement un peu plus tardives que d’autres. Le remplacement de la reine pourra être envisagé en fin de saison.

Equilibrer les colonies consiste à retirer des cadres de couvain des ruches les plus populeuses, afin de les mettre aux ruches les plus faibles, et donc à égaliser le rucher.

Sur la base de quels critères procéder à cet équilibrage?

On considère généralement qu’une ruche moyenne possède, lors de la visite de printemps, cinq cadres de couvain. Les ruches qui en possèdent davantage seront considérées comme fortes, les autres comme faibles.

Pour réaliser cet équilibrage, il suffira de prélever des cadres de couvain sur les ruches et plus fortes et de les insérer au milieu du couvain des faibles.

Attention : les cadres qui seront transvasés devront être des cadres de couvain operculés exclusivement (le fait de retirer des cadres de couvain ouvert sur les ruches fortes va provoquer un essaimage de la colonie)

Un mois plus tard, les colonies possèderont un couvain et une population comparables.

Avantages et inconvénients de la méthode :

  • Avantages :
    • les mêmes interventions se feront sur l’ensemble du rucher au même moment, notamment la pose des hausses
    • les colonies les moins développées auront davantage de chances de rattraper leur retard
  • Inconvénients :
    • l’égalisation des colonies masque leur valeur génétique (d’où la nécessité de noter, lors de la visite de printemps, le nombre de cadres de couvain) et ne permet pas de faire des comparaisons entre elles
    • le risque de transmettre des maladies, non déclarées ou non observée

En conclusion :

Equilibrer les colonies permet de faire de meilleures récoltes tout en simplifiant le travail, mais nécessite une vigilance accrue par rapport à une conduite individuelle de chacune d’entre elles.

 

 Prochain article: les mesures prophylactiques

Equilibrer les colonies : résultat un beau cadre de couvain

Crédit photo: Kev Shine

2 réflexions sur “Equilibrer les colonies

    • Le couvain comprend les œufs, les larves et les nymphes. La reine pond des œufs qui éclosent au bout de trois jours pour donner naissance à des larves. Ces larves se développent fortement et subissent cinq mues successives. Quelques heures avant que ne s’opère la cinquième mue, les ouvrières ferment les alvéoles avec un opercule de cire. Ceci constitue alors le couvain operculé.
      A l’issue de cette cinquième mue, les larves deviennent nymphes. Après diverses métamorphoses qui se déroulent au cours des douze jours suivants, les nymphes émergent pour devenir insectes parfait : les abeilles (soit vingt et un jours après la ponte des œufs).

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