Démarrer avec combien de ruches?

Démarrer avec combien de ruches?

Les abeilles sont des êtres vivants auxquels il faut apporter soins et protection. Donc avant de répondre à la question, vous allez devoir vous pencher sur les points de réflexion suivants:

  • quel type d’apiculteur ai-je envie de devenir?
  • ce choix peut-il évoluer dans le temps?
  • ma volonté de devenir apiculteur correspond-elle à un désir profond et motivé?
  • qu’en pense mon entourage familial?
  • sur quel emplacement installer ma ou mes ruches?
  • comment vais-je pouvoir me former?
  • de quel budget puis-je disposer?

Lorsque vous aurez sérieusement étudié toutes ces questions et que vous y aurez répondu, que vous aurez mis vos différentes réponses en perspective, alors vous pourrez prendre une décision pertinente et vous lancer dans cette fabuleuse aventure.

 

Quel type d’apiculteur ai-je envie de devenir?

Au moment où vous lisez ces lignes, avez-vous envie de devenir apiculteur pour:

  • avoir un loisir qui a priori le restera?
    • si tel est le cas, combien d’heures par semaine pensez-vous pouvoir y consacrer?
    • si tel n’est pas le cas, autrement dit si vous envisagez de tirer quelques revenus de cette activité, voire d’en vivre pleinement, à quelle échéance cette évolution est-elle susceptible de se produire?
  • générer des revenus complémentaires?
    • si oui, combien et à quelle échéance?
  • compléter une activité à temps partiel ou occuper une retraite à laquelle vous n’étiez pas préparé?
  • devenir apiculteur professionnel?

La réponse à ses questions est importante car elle déterminera l’engagement financier que vous devrez prévoir.

  • S’il s’agit exclusivement d’un loisir, la notion de retour sur investissement (ou plus simplement de rentabilité) n’est pas votre préoccupation majeure. L’apiculture, comme tous les loisirs, a un coût. Mais vous aurez le plaisir de consommer votre miel et éventuellement d’en offrir à votre famille et à vos amis. Et le plaisir d’offrir n’a pas de prix!!
  • S’il s’agit d’une activité destinée à générer des compléments de revenus, voire un revenu à part entière, il conviendra d’avoir une tout autre réflexion mettant en jeu les investissements, le coût d’exploitation et le chiffre d’affaires attendu pour estimer les revenus que vous pourrez en attendre.

 

 

 

 

Ce choix peut-il évoluer dans le temps?

La retraite approche et vous souhaitez la préparer dès maintenant en faisant l’acquisition de quelques ruches. Mais votre projet, une fois obtenue cette retraite si longtemps attendue, ou pour certains trop tôt venue, est de développer votre cheptel à ce moment-là. Durant ces quelques mois ou quelques années qui vous séparent de cette échéance, vous aurez l’occasion de vous former et d’acquérir de l’expérience. Si votre souhait est de passer d’une une à deux ruches à moins d’une dizaine, pas de problème, les choses se feront naturellement. Si en revanche vous prévoyez d’aller au-delà, il conviendra de réfléchir au fait que le matériel de miellerie, et tout particulièrement l’extracteur, ne sera plus adapté à votre développement. Dans ce cas, il sera judicieux de faire l’achat, dès la première année, d’un matériel adapté à votre expansion future.

 

Extracteur

 

Ma volonté de devenir apiculteur correspond-elle à un désir profond et motivé?

Etes-vous quelqu’un qui aime “papillonner”, passer d’une activité à l’autre, découvrir sans cesse de nouvelles choses, mais qui, au fond, n’aime pas ou ne sait pas se fixer à long terme? L’apiculture n’est pas faite pour vous! Etre apiculteur est avant tout être un éleveur. Avant d’être une activité permettant de récolter du miel, c’est une activité d’élevage. Les abeilles, comme tous les animaux, nécessitent une présence régulière, de l’attention, des soins, l’entretien et le nettoyage de leur ruche, éventuellement d’être nourries, en plus du travail de renouvellement des reines, et de préparation de la ou des récoltes. Chaque année, d’avril à juin, parfois un peu plus tôt dans certaines régions, certaines de ces tâches exigent d’être effectuées toutes les semaines. Si vous vous absentez sur de longues périodes, notamment au printemps, vos colonies auront essaimé et la probabilité d’avoir tout perdu est grande.

Mais l’apiculture n’est pas synonyme de bagne. Elle est même source de plaisirs. Regarder le bal des abeilles à l’entrée de la ruche un jour de beau temps est aussi fascinant que regarder un feu de cheminée, ou la mer sur les côtes escarpées de Bretagne. Si vous aimez vous fixer, observer, préparer, passer du temps avec les animaux, si acquérir une ruche est un désir profond et conscient, bravo! en apprenant par vous-même et auprès des autres, vous pourrez réussir de belles choses et être fier de vos ruches et de vos futures récoltes!

 

 

 

Qu’en pense mon entourage familial?

Un point important à ne pas négliger. Compte tenu des contraintes évoquées ci-dessus, il est préférable que votre entourage (conjoint, enfants…) vous soutienne dans votre projet, ou à tout le moins ne s’y oppose pas. Il y a en effet deux aspects à prendre en compte.

  • d’une part, si vous projetez d’installer les ruches dans votre propriété, le vol permanent des abeilles dès qu’il fait beau. Pour répondre à cette objection, il vous suffira d’orienter les ruches de telle façon que les abeilles ne perturbent pas votre intimité familiale.
  • d’autre part, la contrainte de ne pas vous absenter sur des périodes de plus d’une semaine entre les mois d’avril et de juin.

Sur quel emplacement installer ma ou mes ruches?

A moins que vous n’ayez une grande propriété, il n’est pas recommandé d’installer plus d’une dizaine de ruches chez vous. Si votre projet est de démarrer avec davantage de ruches, ce qui n’est pas raisonnable tant que vous n’aurez pas acquis une expérience suffisante, il vous faudra trouver un terrain adapté à votre projet.

  • Vous habitez en ville
    • dans un appartement: votre seul possibilité sera d’installer vos ruches sur votre balcon. Vous devrez prendre des dispositions pour que les abeilles ne viennent pas indisposer vos voisins. Si vous avez la chance d’habiter au dernier étage d’un immeuble et de disposer d’une grande terrasse privative, ce sera plus facile.
    • dans une maison: vous installerez vos ruches dans votre jardin sous réserve des conditions fixées par la loi et les règlements préfectoraux et municipaux. Voir article “Ce que dit la loi”. 
  • Vous habitez à la campagne, dans un village: mêmes conditions que ci-dessus.
  • Vous habitez en campagne dans une maison isolée, ou en montagne, pourquoi pas dans les bois: que vous envisagiez d’installer quelques ruches ou davantage, de nombreuses possibilités s’offrent à vous:
    • si vous ne prévoyez pas de déplacer vos ruches (transhumer) au gré des floraisons, vous devrez simplement veiller à ce que les ruches se trouvent dans un environnement botanique qui leur soit favorable, avec des ressources mellifères et pollinifères riches et variées
    • si vous envisagez de transhumer, votre souci sera de trouver un rucher d’hivernage facile d’accès, abrité des courants d’air et d’une humidité excessive.
    • dans ces deux cas, le nombre de ruches ne sera plus un facteur limitant (du point de vue de l’emplacement).

 

 

Comment vais-je pouvoir me former?

Un autre point important à étudier avant de répondre à la question : ”démarrer avec combien de ruches?”, est de savoir comment vous allez vous former.

La première étape est de vous procurer quelques ouvrages qui fassent référence tout en abordant de manière claire et précise les notions de base qu’il vous faut acquérir d’un point de vue théorique pour comprendre comment fonctionne une ruche, comment une colonie se développe et pourquoi elle périclite, que faire à tel moment de l’année ou en telle circonstance, etc.…

La seconde étape est de vous demander comment vous former “sur le terrain”. La manipulation des ruches et des abeilles demande de savoir comment s’y prendre. Pour cela vous avez plusieurs possibilités:

  • les ruchers écoles: il existe, dans tous les départements, des ruchers écoles au sein desquels, outre une formation théorique de base dispensée par des apiculteurs ayant de longues années d’expérience, vous serez amenés à pratiquer. En fonction de la saison et des impératifs du moment, vous participerez aux travaux sur les ruches au même titre que les autres participants. Ces formations sont généralement de bonne qualité. Le seul reproche est parfois le trop grand nombre de stagiaires pour le nombre d’intervenants. Mais vous n’oublierez que ce sont des bénévoles, et qu’il n’y en a pas tant que cela!
  • un voisin apiculteur: il ou elle, sera sans doute ravi(e) de vous montrer comment il travaille, voire de vous mettre un enfumoir et un lève-cadres dans les mains. C’est souvent une bonne formule à condition que ledit voisin participe régulièrement à des réunions de formation et d’informations pour se tenir au courant des évolutions concernant le monde apicole, tant en ce qui concerne les maladies, les ravageurs, les pollutions, qu’en ce qui concerne les bonnes pratiques apicoles à observer pour faire face à d’éventuels problèmes, et si possible les anticiper.
  • un apiculteur professionnel: certains apiculteurs professionnels acceptent de prendre des personnes en formation “à la carte” sur des week-ends, voire des semaines entières. Ils demandent généralement une participation financière (eh oui, lorsqu’ils vous consacrent du temps, ils ne travaillent pas pour eux-mêmes!).

De quel budget puis-je disposer?

Outre l’acquisition d’une ou plusieurs ruches, et des essaims qui vont avec, il ne faut pas oublier le petit matériel dont vous aurez besoin (voir article “Le matériel et l’équipement de l’apiculteur”), ni le matériel de miellerie.

Il existe dans de nombreuses régions françaises des fournisseurs de matériel apicole qui saurons vous proposer un matériel adapté à vos besoins et à des prix raisonnables. Rappelez-vous cependant qu’en matière d’apiculture comme en tout autre domaine, le moins cher n’est pas toujours une bonne affaire.

Démarrer avec combien de ruches?

Lorsque vous aurez réfléchi aux aspects évoqués ci-dessus, au temps que vous pourrez consacrer à vos ruches, à l’emplacement sur lequel vous les installerez, au budget dont vous disposez, vous pourrez prendre une décision dans les meilleures conditions.

Indépendamment de ces critères, même si toutes les conditions sont réunies pour que vous démarriez avec plusieurs ruches, je vous conseille pour une première année de démarrer “petitement”, d’apprendre, de vous former, et de pratiquer. En fonction de ce que vous aurez vécu, ressenti, éprouvé, vous pourrez au cours de l’hiver suivant, décider d’acheter quelques ruches supplémentaires.

Une bonne façon de démarrer est d’acheter deux ruches avec leurs essaims et une ruchette. Si vous achetez une ruche avec un essaim, et que, par malheur pour vous, la colonie disparaisse, vous pourrez refaire un essaim à partir de celle qui reste. Par anticipation, vous aurez de toute façon intérêt à faire un essaim. D’où l’intérêt de posséder une ruchette vide.

Vous aimez les animaux, la nature, vous êtes curieux, observateur, vous aimez partager vos expériences avec d’autres apiculteurs, vanter les qualités de votre miel ou la douceur de vos abeilles (voir article “Quelle race d’abeilles choisir?”), alors foncez! Réservez au plus vite une ou plusieurs ruches (voir articles “Quel type de ruche choisir?”), un ou plusieurs essaims, vous allez découvrir un monde fabuleux!

 

 

 

Pour de plus amples renseignements: http://devenir-apiculteur-aspects-pratiques.com/contact-2/

 

 

Crédits photos:

  • Frédérique Bisson
  • kt.ries
  • George.brener
  • Gilles Couteau
  • Kris Fricke

 

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