Comment faire des essaims ?

 

 

Comment faire des essaims ou l’essaimage artificiel

 

Pourquoi parle-t-on d’essaims “artificiels”? L’adjectif artificiel est utilisé par opposition à celui de “naturel”. L’essaimage naturel (cf. article précédent) est le mode de reproduction naturel des abeilles. Il n’est cependant pas possible de compter uniquement sur la capture d’essaims pour développer ou reconstituer son cheptel. Les apiculteurs ont développé et mis au point différentes méthodes pour créer des essaims à partir des colonies existantes. C’est ce qu’on appelle l’essaimage artificiel.

L’essaimage artificiel a donc pour but de multiplier les colonies.

Dans cet article nous allons étudier comment faire des essaims en recherchant préalablement la reine ou sans la rechercher.

 

Pourquoi faire des essaims ?

Tout apiculteur se doit de créer des essaims dits “artificiels” en vue :

  • de développer son cheptel
  • de pourvoir au remplacement de colonies ayant essaimé
  • d’anticiper les mortalités hivernales et estivales, et/ou de remplacer les colonies disparues
  • de renouveler les reines âgées

Il existe pour cela de nombreuses méthodes, des plus simples aux plus compliquées, avec ou sans recherche de la reine. Mais quelle que soit la méthode utilisée, il conviendra d’opérer une sélection des meilleures colonies. Les ruches devront en outre être fortement peuplées.

 

Quand et comment faire des essaims ?

La création d’essaims peut se faire théoriquement pendant toute la saison apicole. Cependant, les essaims constitués tôt en saison profiteront d’une végétation importante, source de pollen et de nectar indispensable à un développement maximum des jeunes colonies.

La création d’essaims artificiels peut se faire en recherchant la reine lors de l’ouverture de la ruche souche (voir article comment trouver la reine) ou sans la rechercher.

Dans les deux cas, la ruche souche devra comprendre cinq ou six cadres de couvain pour assurer un redémarrage rapide de la colonie ayant conservé sa reine et un élevage dynamique de cellules royales dans la colonie orpheline.

 

Création d’un essaim sans rechercher la reine

La ruche souche sera divisée en deux, et répartie dans deux ruchettes, sans rechercher la reine. L’une des deux ruchettes contiendra donc une colonie orpheline.

Déplacer la ruche souche en arrière de son emplacement actuel et mettre les deux ruchettes à sa place en les séparant d’une vingtaine de centimètres. Dans la ruche souche, prélever un à un les cadres et les répartissant également dans chacune des deux ruchettes. Lorsque tous les cadres auront été répartis, enfumer la ruche et la vider de toutes les abeilles qui y restent. Ensuite, refermer les ruchettes et revenir une heure ou deux plus tard. La ruchette orpheline (dépourvue de reine) manifestera une agitation particulière et fera entendre un bruissement sourd et continu.

 

Un cadre de couvain operculé

Il suffira d’enlever la ruchette avec sa reine et de l’emporter dans un nouveau rucher situé à plus de trois kilomètres du précédent. La ruchette orpheline recevra alors toutes les butineuses se trouvant dehors.

Les deux ruchettes recevront chacune deux litres de sirop de nourrissement (1) dilué à 50 %. Il aura pour effet :

  • de stimuler la ponte de la reine dans la ruchette éloignée
  • et de stimuler l’élevage de cellules royales dans la ruchette orpheline.

L’essaim recevra ensuite deux litres de sirop par semaine. Il élèvera quelques cellules royales d’où émergera une future reine 12 à 15 jours plus tard.

Attention : au moment de vider les abeilles restées dans le fond de la ruche après que tous les cadres en aient été enlevés, veiller à ce que la reine ne se trouve pas dans le fond. Si tel était le cas, il conviendrait de la prendre délicatement et de la mettre dans l’une des deux ruchettes.

Remarque : si vous ne disposez pas de ruchettes, prendre des ruches et mettre en place une partition (2) dans chacune afin de maintenir une chaleur suffisante.

 

Création d’un essaim avec recherche de la reine

Ouvrir la ruche souche et rechercher la reine (cette opération est facilitée si la reine a été marquée précédemment). La mettre dans une pince à reine (voir article le matériel et l’équipement de l’apiculteur) et poser celle-ci sur les têtes de cadres encore présents dans la ruche ou à proximité.

 

Pince à reine

Attention : ne jamais poser une pince à reine avec une reine dedans sur le toit d’une ruche voisine lorsque le soleil tape dessus. La chaleur renvoyée par le toit en tôle tuerait la reine en quelques secondes !!!

Ensuite, déplacer la ruche en arrière de la ruchette, qui prendra sa place, et la retourner de 180°. Ainsi, la planche de vol sera à l’opposé de celle de la ruchette. Y prélever deux cadres de couvain, l’un operculé et l’autre garni d’oeufs et de larves (couvain ouvert). Placer ces deux cadres le long d’une paroi (gauche de préférence) puis un cadre de provisions (miel et pollen). Compléter avec une cire gaufrée et un cadre bâti vide. Si la ruchette comporte six emplacements, le dernier pourra recevoir un nourrisseur-cadre ou un deuxième cadre bâti vide.

 

Un cadre de couvain ouvert

Nourrir avec deux litres de sirop léger et refermer la ruche. Le nourrissement sera renouvelé toutes les semaines jusqu’à l’automne.

Les butineuses sortant de la ruche souche rentreront avec leurs provisions dans la ruchette.

Remettre la reine dans la ruche souche, resserrer le couvain, placer le long une cire gaufrée puis les cadres de provisions. Compléter avec un ou deux cadres bâtis vides. Le soir, déplacer la ruche dans un nouveau rucher distant de plus de trois kilomètres et nourrir avec deux litres de sirop léger pour stimuler la ponte de la reine.

Quatre semaines plus tard, ouvrir la ruchette pour s’assurer de la présence d’une nouvelle reine fécondée (couvain). Si possible la marquer à la couleur de l’année.

 

 

(1) Nourrissement : le nourrissement est le terme utilisé pour désigner le fait de nourrir les abeilles ou la nourriture que l’apiculteur leur donne. Ce nourrissement peut être solide (candi) ou liquide (sirop ou miel). Le sirop peut être épais (ou lourd, ou concentré) et contient 75 % de sucre pour 25 % d’eau, ou léger (50 % de sucre et 50 % d’eau). Chaque type de nourrissement est fourni à des moments ou dans des conditions spécifiques

(2)  Partition : cadre ou plaque de bois ou de polystyrène destiné à limiter le volume de la ruche afin de resserrer les abeilles et de maintenir une température élevée. Celle-ci favorise un meilleur développement de la colonie

 

Prochain article: introduire une reine fécondée

 

 

 

Crédits photos:

  • Doubichlou

L’essaimage naturel

 

 

Cet article abordera la question de l’essaimage naturel. Il sera suivi d’un autre article traitant de l’essaimage artificiel (l’essaimage artificiel est le nom donné à la création d’essaims par l’apiculteur).

Définition

L’essaimage est le mode de reproduction naturel des abeilles. La vielle reine quitte définitivement sa ruche, ou tout autre nid, avec une partie plus ou moins importante des abeilles de la colonie pour former un essaim.

 

Pourquoi l’essaimage ?

Les principaux facteurs déclenchant l’essaimage sont les suivants:

  • la plupart voire la quasi totalité des cadres est remplie de nectar, de miel ou de pollen. La reine ne disposant plus de l’espace suffisant cesse de pondre. Il se produit ce qu’on appelle un blocage de ponte. Les abeilles se mettent alors à édifier des cellules spécifiques, dites cellules royales (1) (de quelques unités à une cinquantaine) en vue d’élever une nouvelle reine et de chasser l’ancienne
  • la population de la ruche est trop nombreuse pour l’espace dont elle dispose.  Les phéromones royales (2) sont ainsi mal distribuées aux abeilles qui ignorent la présence de la reine et se mettent alors à construire des cellules royales 
  • le ratio nombre d’abeilles/surface du couvain est déséquilibré
  • la reine est âgée de plus de deux ans
  • certaines races d’abeilles essaiment plus fréquemment que d’autres (carniolienne)

 

Cellule royale operculée

 

A quelle période se produit l’essaimage ?

L’essaimage se produit au printemps, de mi-mars à fin juin, voire début juillet. La période peut varier en fonction de la situation géographique et des conditions climatiques. Il a généralement lieu entre 11 h et 15 h par une belle journée ensoleillée et chaude.

 

Prévoir l’essaimage : les signes précurseurs

Il n’est pas toujours aisé de prévoir qu’une ruche se prépare à essaimer avant de l’avoir ouverte.

En observant l’activité des abeilles au trou de vol, une forte activité est généralement annonciatrice de grandes rentrées de pollen et de nectar. Mais cela ne suffit pas pour en déduire qu’un essaimage se prépare. Il convient d’ouvrir la ruche. Quels sont les signes annonciateurs d’un essaimage? :

  • la quasi-totalité des cadres est remplie de pollen et/ou de miel (ou de nectar)
  • il n’y a plus de couvain ouvert (3), ou très peu
  • de nombreuses cellules royales sont accrochées sur les cadres

Ces trois observations sont révélatrices de la fièvre d’essaimage dont est atteinte la ruche.

Mais avant cela, la construction d’ébauches de cellules royales, appelées amusettes, doit retenir l’attention de l’apiculteur.

 

Deux amusettes en haut à gauche

 

Comment stopper la fièvre d’essaimage ?

L’adage populaire dit: “mieux vaut prévenir que guérir”. Cet adage trouve ici sa pleine signification. Il est en effet parfois difficile d’éteindre cette fièvre d’essaimage une fois que le processus est enclenché. L’une des solutions d’urgence consiste à enlever deux ou trois cadres de miel et de les remplacer par des cires gaufrées (4), et en même temps de prélever 1,5 kg d’abeilles.

Comment anticiper ? Au moment du plus fort développement de la colonie, il convient:

  • d’enlever régulièrement des cadres de miel en les remplaçant par des cires gaufrées qui seront positionnées entre le dernier cadre de couvain et le premier cadre de pollen
  • de prélever des cadres de couvain operculé (3)
  • de prélever des paquets d’abeilles

 

Comment se déroule l’essaimage ?

Quelques jours avant que l’essaim ne s’envole, c’est à dire quelques jours avant la naissance d’une nouvelle reine, la reine est moins nourrie par les ouvrières. Elle réduit ainsi son poids, ce qui lui permettra de s’envoler. Les abeilles se gorgent de miel afin d’avoir suffisamment de réserves pour les jours suivants, au cours desquels elles vont bâtir leur nouveau nid.

Ensuite par une belle journée, les abeilles vont sortir en masse de la ruche en émettant un bourdonnement caractéristique. Elles se regroupent alors en un véritable nuage composé de milliers d’abeilles. Les abeilles tournent en rond au dessus du rucher pendant quelques minutes puis s’en vont rapidement pour se poser sur une branche, un piquet ou dans une haie accueillante à proximité du rucher, parfois même dans le rucher, en attendant d’aller coloniser ce qui deviendra leur nid définitif.

 

 

Cellule royale ouverte: la reine est née

 

(1) Cellules royales: les ouvrières bâtissent des cellules spécifiques destinées à élever de futures reines appelées cellules royales. Lorsque la population d’une ruche devient trop importante, mais également dans d’autres circonstances, les abeilles édifient une cellule en forme de gland qui est ouverte vers le bas et qu’elles allongent au fur et à mesure de la croissance de la larve. Lorsque ce développement est arrivé à son terme, la cellule est operculée

(2) Phéromones : ce sont des substances chimiques émises par la plupart des animaux et qui agissent comme des messagers entre les individus d’une même espèce. Les abeilles émettent des phéromones de différentes natures répondant à des besoins spécifiques. La reine émet notamment une phéromone destinée à inhiber la construction de cellules royales par les ouvrières.

(3) Couvain ouvert et couvain operculé: Le couvain ouvert est constitué des œufs et des larves. Au bout de trois jours les œufs éclosent et deviennent des larves. Ces larves sont nourries de gelée royale et se développent fortement pendant les six jours suivants. A l’issue de ces six jours, les abeilles ferment les alvéoles à l’aide d’un opercule de cire. On parle alors de couvain operculé.

 

 

Un cadre de couvain ouvert : oeufs et larves

 

(4) Cire gaufrée: Les abeilles produisent de la cire pour construire les rayons qui serviront à constituer le nid à couvain et à entreposer les réserves de miel et de pollen. Pour faciliter la tâche des abeilles et obtenir des rayons plus réguliers, les apiculteurs introduisent dans les cadres vides des feuilles de cire sur lesquelles l’empreinte des cellules est portée des deux côtés. Les feuilles de cire gaufrée sont introduites dans les cadres vides et soudées sur les fils.

 

Cire gaufrée

  Feuille de cire gaufrée

 

 

 Prochain article : l’essaimage artificiel

Crédits photos:

  • Maja Dumat
  • Allispossible
  • Vipin Balija
  • Richardoyork

Comment trouver la reine ?

 

Reine née en 2010 (couleur bleue)

 

Rappel: un essaim ou une colonie ne valent que par la qualité de leur reine.

Il est donc souvent utile, parfois indispensable,  de repérer la reine au sein d’une colonie.

 

Pourquoi rechercher la reine?

De nombreuses raisons incitent à rechercher la reine, et notamment:

  • reine âgée à remplacer
  • colonie agressive qu’il serait dommage de détruire alors que le remplacement de la reine suffira à remettre les choses dans l’ordre
  • jeune reine à marquer à la suite d’un remérage (1) ou d’un essaimage (2) mal contrôlé
  • prélèvement de cadres de couvain (3) pour constituer un essaim artificiel (4)
  • toute autre intervention sur la ruche entraînant le risque de perdre la reine
  • etc …

 

Comment trouver la reine ?

Le moment le plus favorable pour rechercher une reine est celui où la plus grande partie des butineuses est partie récolter nectar et pollen, en pleine journée. Il y a moins d’abeilles dans la ruche et la reine est ainsi plus facile à trouver.

Comment procéder?

Avant d’ouvrir la ruche, il convient de l’enfumer légèrement par le trou de vol (6). Après avoir soulevé délicatement le couvre-cadres (7), assurez-vous que la reine ne s’y trouve pas. Placez-vous dos au soleil (d’où la nécessité de pouvoir tourner autour des ruches) afin d’orienter les cadres vers le soleil.

Commencez par retirer un des cadres de rive (8), observez-le rapidement (il y a peu de chances que la reine s’y trouve), puis posez-le à l’extérieur de la ruche, si possible contre le côté opposé à celui où vous vous trouvez.

Ensuite, sortez les cadres l’un après l’autre et observez-les rapidement sur les deux faces. L’observation doit se faire au-dessus de la ruche: si la reine tombait dans l’herbe, vous auriez peu de chances de la retrouver! Le premier cadre suivant prendra la place du cadre de rive, et ainsi de suite. Plus vous approcherez du nid à couvain (9) et plus vous aurez de chances de trouver la reine, et plus particulièrement sur les cadres où se trouvent des œufs fraîchement pondus.

Reine parmi les ouvrières née en 2009 (couleur verte)

Quand la reine est trouvée

Si votre objectif est de la remplacer, prenez-la délicatement entre pouce et index au niveau du thorax (c’est un bon exercice en vue de marquer ultérieurement vos reines), puis écrasez-la. S’il s’agit de la mettre en sécurité ou de ne pas la perdre de vue pendant certaines manipulation, mettez-la dans une pince à reine et posez celle-ci sur les têtes de cadres qui se trouvent encore dans la ruche. Si vous souhaitez la marquer à la couleur de l’année, vous devez également la prendre délicatement entre vos doigts. Dans ce cas, l’usage des gants est déconseillé si vous ne voulez pas écraser la reine ou qu’elle s’envole. Ensuite, remettez délicatement chaque cadre à sa place et refermez la ruche.

Remarque: le marquage des reines fera l’objet d’un article spécifique.

En cas de difficultés

Il arrive parfois que certaines reines se cachent tellement bien qu’il est difficile de les retrouver. Plusieurs solutions s’offrent alors à vous:

La plus simple

Revenir une heure plus tard et recommencer.

La méthode par tapotement

Placez sur le corps de ruche une hausse avec quelques cadres bâtis. Après avoir posé le couvre-cadres sur la hausse, enfumez abondamment par le trou de vol tout en tapotant le corps. Les abeilles et la reine vont monter dans la hausse. Après quelques minutes, lorsque la colonie sera montée dans la hausse, il suffira d’intercaler une grille à reine entre la hausse et le corps et d’enfumer les abeilles par le haut. Elles vont ainsi redescendre dans le corps. Après quelques minutes, il ne reste que quelques abeilles et la reine.

Autres méthodes pour retrouver la reine

Ces méthodes seront prochainement développées dans une fiche technique ainsi que sur une vidéo.

 

Conclusion

Si vous vous demandez: comment trouver la reine, entraînez-vous!

 

(1) Remérage: changement de reine

(2) Essaimage : mode de reproduction naturel des abeilles. La vielle reine quitte définitivement sa ruche, ou tout autre nid, avec une partie plus ou moins importante des abeilles de la colonie, sous la pression d’une jeune reine destinée à la remplacer. L’ensemble forme un essaim.

(3) Couvain : comprend les œufs, les larves et les nymphes. La reine pond des œufs qui éclosent au bout de trois jours pour donner naissance à des larves. Ces larves se développent et deviennent des nymphes. Au bout de douze jours, les nymphes émergent pour devenir insectes parfait : les abeilles (soit vingt et un jours après la ponte des œufs).

(4) Essaim artificiel: jeune colonie, créée par l’homme, composée d’abeilles et d’une jeune reine fécondée. Cet essaim « artificiel » est destiné à se développer pour former une colonie mature.

(5) Faux bourdon: les mâles ou faux bourdons, constituent l’une des trois castes qui composent une colonie d’abeilles.

(6) Trou de vol: le trou de vol est l’espace rectangulaire situé sur l’avant de la ruche, juste au dessus de plancher, destiné à laisser les abeilles entrer et sortir de la ruche

(7) Couvre-cadres: le couvre-cadres est un plateau aux dimensions extérieures de la ruche qui est posé sur le corps de ruche ou sur les hausses

(8) Cadre de rive: ce sont les deux cadres situés le plus près des parois extérieures de la ruche.

(9) Nid à couvain: le nid à couvain est le cœur de la colonie. Son ampleur dépend du stade de développement de celle-ci, et donc de la ponte de la reine. Fin avril-début mai, au plus fort de la ponte, il peut s’étendre sur 8 cadres. Il comprend les œufs, les larves et les nymphes

 

 

  Prochain article : l’essaimage

 

 Crédit photo:
  • Steve Burt
  • J.P. Goguen
 

Les mesures de prophylaxie

Les mesures de prophylaxie : pour avoir des bailles en bonne santé!

Cet article est le troisième et dernier de la série consacrée à la visite de printemps. Le premier étant la visite de printemps, le second équilibrer les colonies.

Qu’est-ce que la prophylaxie?

La prophylaxie est l’ensemble des mesures à mettre en place pour prévenir les risques sanitaires.

 

Les risques sanitaires

Les risques sanitaires dans une ruche ou dans un rucher sont les suivants:

  • risques liés aux maladies
  • risques liés aux virus
  • risques liés aux prédateurs

Chacun de ces risques fera l’objet d’un développement spécifique au cours des semaines et des mois à venir, les risques les plus importants étant traités en priorité. De même les mesures à prendre en cas de maladies feront l’objet d’une série d’articles à venir.

 

Comment prévenir les risques sanitaires?

La première mesure à prendre, lorsque vous souhaitez acquérir un essaim, est de vous adresser à un apiculteur ayant pignon sur rue qui vous fournira une colonie dynamique et exempte de maladies.

Ensuite, d’installer cette ruche sur un emplacement qui lui convienne (voir article : “démarrer avec combien de ruches”).

Puis s’assurer de maintenir une colonie dynamique en ayant en permanence une reine jeune avec une forte ponte.

Au cours des interventions sur les ruches: après avoir ouvert une ruche manifestement malade, ou que vous suspectez d’être malade, il convient pour éviter de propager la maladie :

  • de passer le lève-cadre à la lampe à souder
  • et de vous laver les mains, ou vos gants si vous en portez, à l’eau javellisée. L’utilisation de gants en caoutchouc est de ce fait préférable aux gants de cuir
  • et de demander à un apiculteur confirmé de venir voir ladite ruche, au cas où des mesures seraient à prendre d’urgence.

Les plateaux doivent être remplacés tous les ans lors de la visite de printemps par des plateaux propres :

  • grattés et passés au chalumeau pour les planchers en bois
  • ou trempés dans un bain de cristaux de soude pour ceux en plastique (attention aux conditions d’utilisation : il s’agit d’un produit dont la manipulation est dangereuse; il est donc impératif de vous protéger en conséquence)

Il est fortement déconseillé de faire des échanges de cadres entre ruches pour éviter toute transmission de maladie.

Après chaque visite, même si vous n’avez pas repéré de problème, passez lève-cadre et tout autre outil que vous aurez utilisé au chalumeau. Les gants seront lavés à l’eau javellisée.

A chaque fois qu’une ruche est vide, quelle qu’en soit la raison, elle doit être nettoyée, grattée et passée au chalumeau si elle est en bois, ou dans un bain de cristaux de soude si elle comporte des éléments en plastique (même remarque que précédemment).

Les pesticides contenus dans le nectar et le pollen rapportés dans la ruche par les abeilles, engendreraient un affaiblissement progressif des colonies, une diminution de la fertilité des mâles, et provoqueraient un raccourcissement significatif de la durée de vie des reines. En effet, la cire des cadres, qui est un corps gras, stocke ces produits qui, bien qu’utilisés à des doses sublétales (*) sont fortement suspectés d’être l’une des causes principales de la disparition des abeilles.

Il convient donc de renouveler régulièrement la cire des cadres. Ceux-ci devront être retirés des ruches, par rotation, tous les trois ans, et remplacés par des cadres de cire gaufrée. Il devra s’agir exclusivement de cire d’opercules.

 

Conclusion

Les mesures de prophylaxie concernent l’apiculteur, dans sa pratique, les ruchers et les colonies.

Soyez donc vigilants et donnez-vous les moyens de conserver de belles ruches en bon état qui feront votre fierté de vous donneront de belles récoltes de miel.

 

(*) Dose sublétale : dose toxique n’entraînant pas la mort immédiate des abeilles, mais dont l’accumulation dans l’organisme y conduit irrémédiablement après un temps plus ou moins long

Equilibrer les colonies

Devenir apiculteur

Cet article fait suite à celui consacré à la visite de printemps.

Lorsqu’un rucher se compose de plusieurs ruches, la visite de printemps met en évidence des disparités entre les ruches : certaines, très populeuses avec six cadres de couvain ou davantage, d’autres avec seulement deux ou trois cadres.

Pourquoi cette disparité?

Plusieurs raisons peuvent être envisagées, dès lors que  l’on exclut les maladies :

  • les colonies fortement développées possèdent une reine qui, par sélection humaine ou naturelle, est dotée d’une forte prolificité. Ces colonies serviront à faire des essaims (la constitution d’essaims sera abordée dans un prochain article)
  • les colonies peu développées ont au contraire une reine qui devra être remplacée le plus tôt possible (article à venir)
  • ces colonies ont  manqué de provisions à la fin de l’hiver et la reine n’a démarré sa ponte que tardivement. L’arrivée du printemps et le renouveau de la végétation feront rentrer les choses dans l’ordre
  • certaines colonies sont naturellement un peu plus tardives que d’autres. Le remplacement de la reine pourra être envisagé en fin de saison.

Equilibrer les colonies consiste à retirer des cadres de couvain des ruches les plus populeuses, afin de les mettre aux ruches les plus faibles, et donc à égaliser le rucher.

Sur la base de quels critères procéder à cet équilibrage?

On considère généralement qu’une ruche moyenne possède, lors de la visite de printemps, cinq cadres de couvain. Les ruches qui en possèdent davantage seront considérées comme fortes, les autres comme faibles.

Pour réaliser cet équilibrage, il suffira de prélever des cadres de couvain sur les ruches et plus fortes et de les insérer au milieu du couvain des faibles.

Attention : les cadres qui seront transvasés devront être des cadres de couvain operculés exclusivement (le fait de retirer des cadres de couvain ouvert sur les ruches fortes va provoquer un essaimage de la colonie)

Un mois plus tard, les colonies possèderont un couvain et une population comparables.

Avantages et inconvénients de la méthode :

  • Avantages :
    • les mêmes interventions se feront sur l’ensemble du rucher au même moment, notamment la pose des hausses
    • les colonies les moins développées auront davantage de chances de rattraper leur retard
  • Inconvénients :
    • l’égalisation des colonies masque leur valeur génétique (d’où la nécessité de noter, lors de la visite de printemps, le nombre de cadres de couvain) et ne permet pas de faire des comparaisons entre elles
    • le risque de transmettre des maladies, non déclarées ou non observée

En conclusion :

Equilibrer les colonies permet de faire de meilleures récoltes tout en simplifiant le travail, mais nécessite une vigilance accrue par rapport à une conduite individuelle de chacune d’entre elles.

 

 Prochain article: les mesures prophylactiques

Equilibrer les colonies : résultat un beau cadre de couvain

Crédit photo: Kev Shine

Visite de printemps

 

 

 

Cet article est le premier d’une série de trois qui seront consacrés à la visite de printemps.

La visite de printemps est LA visite à ne rater sous aucun prétexte.

Toutes les ruches doivent être ouvertes et observées attentivement. Les principales raisons d’être de cette visite sont les suivantes:

  • faire le point sur la manière dont les ruches ont passé l’hiver
  • déterminer les mesures à prendre immédiatement et dans les semaines à venir en fonction du stade de développement du couvain, ruche par ruche
  • avoir une vision globale de l’état des colonies dans un rucher en vue de procéder à un équilibrage entre colonies faibles et fortes (voir article suivant)
  • mettre en place les mesures prophylactiques de saison.

 

Quand et comment effectuer la visite de printemps

Remarque préalable : lorsque l’on parle de visite de printemps, on ne fait pas référence au printemps calendaire, mais au printemps apicole. Celui-ci démarre plus ou moins tôt en fonction des années et de la situation géographique des ruchers.

La visite de printemps doit être effectuée dès que les conditions climatiques le permettent: le temps doit être chaud et ensoleillé (15 ° minimum) et sans vent. Elle doit être de courte durée: 10 à 15 minutes maximum, afin de ne pas refroidir le couvain et de ne pas provoquer de perturbations au sein du rucher.

Avant d’ouvrir une ruche, il convient de l’enfumer légèrement par le trou de vol. Ensuite, enfumer délicatement au moment de l’enlèvement du couvre-cadres ou du nourrisseur. La fumée doit être blanche et froide. L’enfumoir doit être pourvu de combustible en quantité suffisante pour effectuer la visite de l’ensemble des ruches d’un rucher. Il doit être utilisé à bon escient: certaines races d’abeilles telle la Buckfast ne requièrent que très peu de fumée, d’autres demandent une utilisation plus soutenue. Mais il ne faut ni laisser les abeilles s’échapper en grand nombre, et souvent de manière agressive, par le haut, ni leur insuffler une fumée trop chaude et les faire sortir par le trou de vol.

Une fois que la ruche est ouverte, chaque cadre sera sorti et examiné attentivement.

 

L’examen des cadres

 

Examen d’un cadre

 

L’examen des cadres permet d’évaluer:

  • l’état sanitaire de la colonie
  • l’importance de la population
  • l’âge physiologique de la reine d’après sa ponte
  • les réserves

De plus, les cadres doivent être renouvelés tous les trois ans compte tenu, notamment, de la présence des pesticides qui sont captés et emmagasinés par la cire (pour de plus amples renseignements sur les causes de disparition des abeilles, lire l’article : “de la nécessité de protéger les abeilles”).

Comment procéder

Avant toute intervention sur une ruche, il faut observer son environnement immédiat: présence d’abeilles mortes devant la ruche et sur la planche d’envol. Par une belle journée, les abeilles doivent entrer et sortir de la ruche très activement pour aller chercher pollen et nectar.

Les cadres doivent être sortis l’un après l’autre et stockés dans le même ordre que dans la ruche.

Les cadres de rives qui sont en général secs (vidés de leurs provisions d’hiver) et noircis sont retirés et remplacés par deux cires gaufrées qui seront placées de part et d’autre du nid à couvain. Ces vieilles cires seront fondues ou éventuellement mises dans les ruches destinées à piéger les essaims. Les cadres abimés devront également être remplacés. Les cadres qui auront été retirés des ruches ne devront jamais être laissés sur place!!

Attention: les cadres des ruches mortes ne doivent pas être utilisées dans ces ruchettes (risque de transmission de maladies).

Il conviendra de noter le nombre de cadres occupés par les abeilles, le nombre de cadres de couvain, de pollen et le nombre de cadres de provisions.

Se focaliser

Deux points devront retenir particulièrement l’attention: l’état sanitaire de la colonie et la qualité de la ponte de la reine.

Etat sanitaire de la colonie

  • lorsqu’une ruche est ouverte, une odeur agréable doit s’en dégager (d’où la nécessité de ne pas trop enfumer). Une odeur forte et aigre est un signe de maladie: très souvent la loque
  • les têtes de cadres doivent être propres, éventuellement garnies de cire ou de propolis. Des déjections sont généralement le signe de nosémose
  • des abeilles traînantes sur les têtes de cadres sont également le signe de maladie
  • des abeilles inertes, la tête enfoncée dans les alvéoles,  sont mortes de faim
  • certaines années où il n’y a pas eu d’hiver véritable, la ponte ne s’est pas interrompue et les varroas auront continués à se développer. Il conviendra de procéder à un traitement, avant la pose des hausses, afin de limiter leur expansion

Etat de la ponte et du couvain

  • le couvain doit être compact et bien développé (au moins trois cadres)

 

Cadre de couvain naissant

 

  • une ponte disséminée (de nombreuses cellules vides au milieu du couvain) est le signe d’une reine vieillissante (attention: ne pas se fier à son âge réel) ou de mauvaise qualité. Dans les deux cas, elle devra être remplacée dès que possible
  • si la ponte est compacte mais sur un petit nombre de cadres, prévoir un nourrissement spéculatif tous les 4 à 5 jours à raison d’un quart à un demi litre au maximum jusqu’à un redémarrage franc de la ponte (deux à trois semaines). Attention : un nourrissement spéculatif trop intense favorise l’essaimage!
  • en cas d’absence de couvain, ou de couvain de mâles uniquement, la ruche est orpheline ou bourdonneuse. La regrouper avec une autre colonie
  • si le couvain atteint 5 ou 6 cadres, il s’agit d’une forte colonie

 

Le plancher doit être propre et ne pas présenter d’abeilles mortes en quantité ou de larves calcifiées, signe de mycose. Il sera remplacé par un plancher propre et désinfecté. D’où la nécessité d’avoir plus de planchers que de ruches actives.

 

Avant de refermer la ruche

Noter sur une fiche ou sur le toit de la ruche:

  • la date de la visite
  • le nombre de cadres de couvain
  • le nombre de cadres de provisions
  • la présence éventuelle de maladies (ou de suspicion de maladies)
  • les actions à réaliser lors de la prochaine visite.

Replacer les cadres dans l’ordre après avoir éventuellement recentré le nid à couvain. Gratter ensuite les têtes de cadres contenant des construction de cire ou une présence abondante de propolis.

Avant de refermer la ruche, donner un litre de sirop dilué (50/50) afin de rassurer les abeilles et de les faire travailler pour favoriser une remonter rapide de la température interne de la ruche, et plus particulièrement du couvain.

 

Prochain article: l’équilibrage des colonies

 

Crédits photos :

  • Vivie Zizounaï
  • Antoine Bovard
  • Ranulf 1214

Démarrer avec combien de ruches?

Démarrer avec combien de ruches?

Les abeilles sont des êtres vivants auxquels il faut apporter soins et protection. Donc avant de répondre à la question, vous allez devoir vous pencher sur les points de réflexion suivants:

  • quel type d’apiculteur ai-je envie de devenir?
  • ce choix peut-il évoluer dans le temps?
  • ma volonté de devenir apiculteur correspond-elle à un désir profond et motivé?
  • qu’en pense mon entourage familial?
  • sur quel emplacement installer ma ou mes ruches?
  • comment vais-je pouvoir me former?
  • de quel budget puis-je disposer?

Lorsque vous aurez sérieusement étudié toutes ces questions et que vous y aurez répondu, que vous aurez mis vos différentes réponses en perspective, alors vous pourrez prendre une décision pertinente et vous lancer dans cette fabuleuse aventure.

 

Quel type d’apiculteur ai-je envie de devenir?

Au moment où vous lisez ces lignes, avez-vous envie de devenir apiculteur pour:

  • avoir un loisir qui a priori le restera?
    • si tel est le cas, combien d’heures par semaine pensez-vous pouvoir y consacrer?
    • si tel n’est pas le cas, autrement dit si vous envisagez de tirer quelques revenus de cette activité, voire d’en vivre pleinement, à quelle échéance cette évolution est-elle susceptible de se produire?
  • générer des revenus complémentaires?
    • si oui, combien et à quelle échéance?
  • compléter une activité à temps partiel ou occuper une retraite à laquelle vous n’étiez pas préparé?
  • devenir apiculteur professionnel?

La réponse à ses questions est importante car elle déterminera l’engagement financier que vous devrez prévoir.

  • S’il s’agit exclusivement d’un loisir, la notion de retour sur investissement (ou plus simplement de rentabilité) n’est pas votre préoccupation majeure. L’apiculture, comme tous les loisirs, a un coût. Mais vous aurez le plaisir de consommer votre miel et éventuellement d’en offrir à votre famille et à vos amis. Et le plaisir d’offrir n’a pas de prix!!
  • S’il s’agit d’une activité destinée à générer des compléments de revenus, voire un revenu à part entière, il conviendra d’avoir une tout autre réflexion mettant en jeu les investissements, le coût d’exploitation et le chiffre d’affaires attendu pour estimer les revenus que vous pourrez en attendre.

 

 

 

 

Ce choix peut-il évoluer dans le temps?

La retraite approche et vous souhaitez la préparer dès maintenant en faisant l’acquisition de quelques ruches. Mais votre projet, une fois obtenue cette retraite si longtemps attendue, ou pour certains trop tôt venue, est de développer votre cheptel à ce moment-là. Durant ces quelques mois ou quelques années qui vous séparent de cette échéance, vous aurez l’occasion de vous former et d’acquérir de l’expérience. Si votre souhait est de passer d’une une à deux ruches à moins d’une dizaine, pas de problème, les choses se feront naturellement. Si en revanche vous prévoyez d’aller au-delà, il conviendra de réfléchir au fait que le matériel de miellerie, et tout particulièrement l’extracteur, ne sera plus adapté à votre développement. Dans ce cas, il sera judicieux de faire l’achat, dès la première année, d’un matériel adapté à votre expansion future.

 

Extracteur

 

Ma volonté de devenir apiculteur correspond-elle à un désir profond et motivé?

Etes-vous quelqu’un qui aime “papillonner”, passer d’une activité à l’autre, découvrir sans cesse de nouvelles choses, mais qui, au fond, n’aime pas ou ne sait pas se fixer à long terme? L’apiculture n’est pas faite pour vous! Etre apiculteur est avant tout être un éleveur. Avant d’être une activité permettant de récolter du miel, c’est une activité d’élevage. Les abeilles, comme tous les animaux, nécessitent une présence régulière, de l’attention, des soins, l’entretien et le nettoyage de leur ruche, éventuellement d’être nourries, en plus du travail de renouvellement des reines, et de préparation de la ou des récoltes. Chaque année, d’avril à juin, parfois un peu plus tôt dans certaines régions, certaines de ces tâches exigent d’être effectuées toutes les semaines. Si vous vous absentez sur de longues périodes, notamment au printemps, vos colonies auront essaimé et la probabilité d’avoir tout perdu est grande.

Mais l’apiculture n’est pas synonyme de bagne. Elle est même source de plaisirs. Regarder le bal des abeilles à l’entrée de la ruche un jour de beau temps est aussi fascinant que regarder un feu de cheminée, ou la mer sur les côtes escarpées de Bretagne. Si vous aimez vous fixer, observer, préparer, passer du temps avec les animaux, si acquérir une ruche est un désir profond et conscient, bravo! en apprenant par vous-même et auprès des autres, vous pourrez réussir de belles choses et être fier de vos ruches et de vos futures récoltes!

 

 

 

Qu’en pense mon entourage familial?

Un point important à ne pas négliger. Compte tenu des contraintes évoquées ci-dessus, il est préférable que votre entourage (conjoint, enfants…) vous soutienne dans votre projet, ou à tout le moins ne s’y oppose pas. Il y a en effet deux aspects à prendre en compte.

  • d’une part, si vous projetez d’installer les ruches dans votre propriété, le vol permanent des abeilles dès qu’il fait beau. Pour répondre à cette objection, il vous suffira d’orienter les ruches de telle façon que les abeilles ne perturbent pas votre intimité familiale.
  • d’autre part, la contrainte de ne pas vous absenter sur des périodes de plus d’une semaine entre les mois d’avril et de juin.

Sur quel emplacement installer ma ou mes ruches?

A moins que vous n’ayez une grande propriété, il n’est pas recommandé d’installer plus d’une dizaine de ruches chez vous. Si votre projet est de démarrer avec davantage de ruches, ce qui n’est pas raisonnable tant que vous n’aurez pas acquis une expérience suffisante, il vous faudra trouver un terrain adapté à votre projet.

  • Vous habitez en ville
    • dans un appartement: votre seul possibilité sera d’installer vos ruches sur votre balcon. Vous devrez prendre des dispositions pour que les abeilles ne viennent pas indisposer vos voisins. Si vous avez la chance d’habiter au dernier étage d’un immeuble et de disposer d’une grande terrasse privative, ce sera plus facile.
    • dans une maison: vous installerez vos ruches dans votre jardin sous réserve des conditions fixées par la loi et les règlements préfectoraux et municipaux. Voir article “Ce que dit la loi”. 
  • Vous habitez à la campagne, dans un village: mêmes conditions que ci-dessus.
  • Vous habitez en campagne dans une maison isolée, ou en montagne, pourquoi pas dans les bois: que vous envisagiez d’installer quelques ruches ou davantage, de nombreuses possibilités s’offrent à vous:
    • si vous ne prévoyez pas de déplacer vos ruches (transhumer) au gré des floraisons, vous devrez simplement veiller à ce que les ruches se trouvent dans un environnement botanique qui leur soit favorable, avec des ressources mellifères et pollinifères riches et variées
    • si vous envisagez de transhumer, votre souci sera de trouver un rucher d’hivernage facile d’accès, abrité des courants d’air et d’une humidité excessive.
    • dans ces deux cas, le nombre de ruches ne sera plus un facteur limitant (du point de vue de l’emplacement).

 

 

Comment vais-je pouvoir me former?

Un autre point important à étudier avant de répondre à la question : ”démarrer avec combien de ruches?”, est de savoir comment vous allez vous former.

La première étape est de vous procurer quelques ouvrages qui fassent référence tout en abordant de manière claire et précise les notions de base qu’il vous faut acquérir d’un point de vue théorique pour comprendre comment fonctionne une ruche, comment une colonie se développe et pourquoi elle périclite, que faire à tel moment de l’année ou en telle circonstance, etc.…

La seconde étape est de vous demander comment vous former “sur le terrain”. La manipulation des ruches et des abeilles demande de savoir comment s’y prendre. Pour cela vous avez plusieurs possibilités:

  • les ruchers écoles: il existe, dans tous les départements, des ruchers écoles au sein desquels, outre une formation théorique de base dispensée par des apiculteurs ayant de longues années d’expérience, vous serez amenés à pratiquer. En fonction de la saison et des impératifs du moment, vous participerez aux travaux sur les ruches au même titre que les autres participants. Ces formations sont généralement de bonne qualité. Le seul reproche est parfois le trop grand nombre de stagiaires pour le nombre d’intervenants. Mais vous n’oublierez que ce sont des bénévoles, et qu’il n’y en a pas tant que cela!
  • un voisin apiculteur: il ou elle, sera sans doute ravi(e) de vous montrer comment il travaille, voire de vous mettre un enfumoir et un lève-cadres dans les mains. C’est souvent une bonne formule à condition que ledit voisin participe régulièrement à des réunions de formation et d’informations pour se tenir au courant des évolutions concernant le monde apicole, tant en ce qui concerne les maladies, les ravageurs, les pollutions, qu’en ce qui concerne les bonnes pratiques apicoles à observer pour faire face à d’éventuels problèmes, et si possible les anticiper.
  • un apiculteur professionnel: certains apiculteurs professionnels acceptent de prendre des personnes en formation “à la carte” sur des week-ends, voire des semaines entières. Ils demandent généralement une participation financière (eh oui, lorsqu’ils vous consacrent du temps, ils ne travaillent pas pour eux-mêmes!).

De quel budget puis-je disposer?

Outre l’acquisition d’une ou plusieurs ruches, et des essaims qui vont avec, il ne faut pas oublier le petit matériel dont vous aurez besoin (voir article “Le matériel et l’équipement de l’apiculteur”), ni le matériel de miellerie.

Il existe dans de nombreuses régions françaises des fournisseurs de matériel apicole qui saurons vous proposer un matériel adapté à vos besoins et à des prix raisonnables. Rappelez-vous cependant qu’en matière d’apiculture comme en tout autre domaine, le moins cher n’est pas toujours une bonne affaire.

Démarrer avec combien de ruches?

Lorsque vous aurez réfléchi aux aspects évoqués ci-dessus, au temps que vous pourrez consacrer à vos ruches, à l’emplacement sur lequel vous les installerez, au budget dont vous disposez, vous pourrez prendre une décision dans les meilleures conditions.

Indépendamment de ces critères, même si toutes les conditions sont réunies pour que vous démarriez avec plusieurs ruches, je vous conseille pour une première année de démarrer “petitement”, d’apprendre, de vous former, et de pratiquer. En fonction de ce que vous aurez vécu, ressenti, éprouvé, vous pourrez au cours de l’hiver suivant, décider d’acheter quelques ruches supplémentaires.

Une bonne façon de démarrer est d’acheter deux ruches avec leurs essaims et une ruchette. Si vous achetez une ruche avec un essaim, et que, par malheur pour vous, la colonie disparaisse, vous pourrez refaire un essaim à partir de celle qui reste. Par anticipation, vous aurez de toute façon intérêt à faire un essaim. D’où l’intérêt de posséder une ruchette vide.

Vous aimez les animaux, la nature, vous êtes curieux, observateur, vous aimez partager vos expériences avec d’autres apiculteurs, vanter les qualités de votre miel ou la douceur de vos abeilles (voir article “Quelle race d’abeilles choisir?”), alors foncez! Réservez au plus vite une ou plusieurs ruches (voir articles “Quel type de ruche choisir?”), un ou plusieurs essaims, vous allez découvrir un monde fabuleux!

 

 

 

Pour de plus amples renseignements: http://devenir-apiculteur-aspects-pratiques.com/contact-2/

 

 

Crédits photos:

  • Frédérique Bisson
  • kt.ries
  • George.brener
  • Gilles Couteau
  • Kris Fricke