Comment faire des essaims ?

 

 

Comment faire des essaims ou l’essaimage artificiel

 

Pourquoi parle-t-on d’essaims “artificiels”? L’adjectif artificiel est utilisé par opposition à celui de “naturel”. L’essaimage naturel (cf. article précédent) est le mode de reproduction naturel des abeilles. Il n’est cependant pas possible de compter uniquement sur la capture d’essaims pour développer ou reconstituer son cheptel. Les apiculteurs ont développé et mis au point différentes méthodes pour créer des essaims à partir des colonies existantes. C’est ce qu’on appelle l’essaimage artificiel.

L’essaimage artificiel a donc pour but de multiplier les colonies.

Dans cet article nous allons étudier comment faire des essaims en recherchant préalablement la reine ou sans la rechercher.

 

Pourquoi faire des essaims ?

Tout apiculteur se doit de créer des essaims dits “artificiels” en vue :

  • de développer son cheptel
  • de pourvoir au remplacement de colonies ayant essaimé
  • d’anticiper les mortalités hivernales et estivales, et/ou de remplacer les colonies disparues
  • de renouveler les reines âgées

Il existe pour cela de nombreuses méthodes, des plus simples aux plus compliquées, avec ou sans recherche de la reine. Mais quelle que soit la méthode utilisée, il conviendra d’opérer une sélection des meilleures colonies. Les ruches devront en outre être fortement peuplées.

 

Quand et comment faire des essaims ?

La création d’essaims peut se faire théoriquement pendant toute la saison apicole. Cependant, les essaims constitués tôt en saison profiteront d’une végétation importante, source de pollen et de nectar indispensable à un développement maximum des jeunes colonies.

La création d’essaims artificiels peut se faire en recherchant la reine lors de l’ouverture de la ruche souche (voir article comment trouver la reine) ou sans la rechercher.

Dans les deux cas, la ruche souche devra comprendre cinq ou six cadres de couvain pour assurer un redémarrage rapide de la colonie ayant conservé sa reine et un élevage dynamique de cellules royales dans la colonie orpheline.

 

Création d’un essaim sans rechercher la reine

La ruche souche sera divisée en deux, et répartie dans deux ruchettes, sans rechercher la reine. L’une des deux ruchettes contiendra donc une colonie orpheline.

Déplacer la ruche souche en arrière de son emplacement actuel et mettre les deux ruchettes à sa place en les séparant d’une vingtaine de centimètres. Dans la ruche souche, prélever un à un les cadres et les répartissant également dans chacune des deux ruchettes. Lorsque tous les cadres auront été répartis, enfumer la ruche et la vider de toutes les abeilles qui y restent. Ensuite, refermer les ruchettes et revenir une heure ou deux plus tard. La ruchette orpheline (dépourvue de reine) manifestera une agitation particulière et fera entendre un bruissement sourd et continu.

 

Un cadre de couvain operculé

Il suffira d’enlever la ruchette avec sa reine et de l’emporter dans un nouveau rucher situé à plus de trois kilomètres du précédent. La ruchette orpheline recevra alors toutes les butineuses se trouvant dehors.

Les deux ruchettes recevront chacune deux litres de sirop de nourrissement (1) dilué à 50 %. Il aura pour effet :

  • de stimuler la ponte de la reine dans la ruchette éloignée
  • et de stimuler l’élevage de cellules royales dans la ruchette orpheline.

L’essaim recevra ensuite deux litres de sirop par semaine. Il élèvera quelques cellules royales d’où émergera une future reine 12 à 15 jours plus tard.

Attention : au moment de vider les abeilles restées dans le fond de la ruche après que tous les cadres en aient été enlevés, veiller à ce que la reine ne se trouve pas dans le fond. Si tel était le cas, il conviendrait de la prendre délicatement et de la mettre dans l’une des deux ruchettes.

Remarque : si vous ne disposez pas de ruchettes, prendre des ruches et mettre en place une partition (2) dans chacune afin de maintenir une chaleur suffisante.

 

Création d’un essaim avec recherche de la reine

Ouvrir la ruche souche et rechercher la reine (cette opération est facilitée si la reine a été marquée précédemment). La mettre dans une pince à reine (voir article le matériel et l’équipement de l’apiculteur) et poser celle-ci sur les têtes de cadres encore présents dans la ruche ou à proximité.

 

Pince à reine

Attention : ne jamais poser une pince à reine avec une reine dedans sur le toit d’une ruche voisine lorsque le soleil tape dessus. La chaleur renvoyée par le toit en tôle tuerait la reine en quelques secondes !!!

Ensuite, déplacer la ruche en arrière de la ruchette, qui prendra sa place, et la retourner de 180°. Ainsi, la planche de vol sera à l’opposé de celle de la ruchette. Y prélever deux cadres de couvain, l’un operculé et l’autre garni d’oeufs et de larves (couvain ouvert). Placer ces deux cadres le long d’une paroi (gauche de préférence) puis un cadre de provisions (miel et pollen). Compléter avec une cire gaufrée et un cadre bâti vide. Si la ruchette comporte six emplacements, le dernier pourra recevoir un nourrisseur-cadre ou un deuxième cadre bâti vide.

 

Un cadre de couvain ouvert

Nourrir avec deux litres de sirop léger et refermer la ruche. Le nourrissement sera renouvelé toutes les semaines jusqu’à l’automne.

Les butineuses sortant de la ruche souche rentreront avec leurs provisions dans la ruchette.

Remettre la reine dans la ruche souche, resserrer le couvain, placer le long une cire gaufrée puis les cadres de provisions. Compléter avec un ou deux cadres bâtis vides. Le soir, déplacer la ruche dans un nouveau rucher distant de plus de trois kilomètres et nourrir avec deux litres de sirop léger pour stimuler la ponte de la reine.

Quatre semaines plus tard, ouvrir la ruchette pour s’assurer de la présence d’une nouvelle reine fécondée (couvain). Si possible la marquer à la couleur de l’année.

 

 

(1) Nourrissement : le nourrissement est le terme utilisé pour désigner le fait de nourrir les abeilles ou la nourriture que l’apiculteur leur donne. Ce nourrissement peut être solide (candi) ou liquide (sirop ou miel). Le sirop peut être épais (ou lourd, ou concentré) et contient 75 % de sucre pour 25 % d’eau, ou léger (50 % de sucre et 50 % d’eau). Chaque type de nourrissement est fourni à des moments ou dans des conditions spécifiques

(2)  Partition : cadre ou plaque de bois ou de polystyrène destiné à limiter le volume de la ruche afin de resserrer les abeilles et de maintenir une température élevée. Celle-ci favorise un meilleur développement de la colonie

 

Prochain article: introduire une reine fécondée

 

 

 

Crédits photos:

  • Doubichlou

L’essaimage naturel

 

 

Cet article abordera la question de l’essaimage naturel. Il sera suivi d’un autre article traitant de l’essaimage artificiel (l’essaimage artificiel est le nom donné à la création d’essaims par l’apiculteur).

Définition

L’essaimage est le mode de reproduction naturel des abeilles. La vielle reine quitte définitivement sa ruche, ou tout autre nid, avec une partie plus ou moins importante des abeilles de la colonie pour former un essaim.

 

Pourquoi l’essaimage ?

Les principaux facteurs déclenchant l’essaimage sont les suivants:

  • la plupart voire la quasi totalité des cadres est remplie de nectar, de miel ou de pollen. La reine ne disposant plus de l’espace suffisant cesse de pondre. Il se produit ce qu’on appelle un blocage de ponte. Les abeilles se mettent alors à édifier des cellules spécifiques, dites cellules royales (1) (de quelques unités à une cinquantaine) en vue d’élever une nouvelle reine et de chasser l’ancienne
  • la population de la ruche est trop nombreuse pour l’espace dont elle dispose.  Les phéromones royales (2) sont ainsi mal distribuées aux abeilles qui ignorent la présence de la reine et se mettent alors à construire des cellules royales 
  • le ratio nombre d’abeilles/surface du couvain est déséquilibré
  • la reine est âgée de plus de deux ans
  • certaines races d’abeilles essaiment plus fréquemment que d’autres (carniolienne)

 

Cellule royale operculée

 

A quelle période se produit l’essaimage ?

L’essaimage se produit au printemps, de mi-mars à fin juin, voire début juillet. La période peut varier en fonction de la situation géographique et des conditions climatiques. Il a généralement lieu entre 11 h et 15 h par une belle journée ensoleillée et chaude.

 

Prévoir l’essaimage : les signes précurseurs

Il n’est pas toujours aisé de prévoir qu’une ruche se prépare à essaimer avant de l’avoir ouverte.

En observant l’activité des abeilles au trou de vol, une forte activité est généralement annonciatrice de grandes rentrées de pollen et de nectar. Mais cela ne suffit pas pour en déduire qu’un essaimage se prépare. Il convient d’ouvrir la ruche. Quels sont les signes annonciateurs d’un essaimage? :

  • la quasi-totalité des cadres est remplie de pollen et/ou de miel (ou de nectar)
  • il n’y a plus de couvain ouvert (3), ou très peu
  • de nombreuses cellules royales sont accrochées sur les cadres

Ces trois observations sont révélatrices de la fièvre d’essaimage dont est atteinte la ruche.

Mais avant cela, la construction d’ébauches de cellules royales, appelées amusettes, doit retenir l’attention de l’apiculteur.

 

Deux amusettes en haut à gauche

 

Comment stopper la fièvre d’essaimage ?

L’adage populaire dit: “mieux vaut prévenir que guérir”. Cet adage trouve ici sa pleine signification. Il est en effet parfois difficile d’éteindre cette fièvre d’essaimage une fois que le processus est enclenché. L’une des solutions d’urgence consiste à enlever deux ou trois cadres de miel et de les remplacer par des cires gaufrées (4), et en même temps de prélever 1,5 kg d’abeilles.

Comment anticiper ? Au moment du plus fort développement de la colonie, il convient:

  • d’enlever régulièrement des cadres de miel en les remplaçant par des cires gaufrées qui seront positionnées entre le dernier cadre de couvain et le premier cadre de pollen
  • de prélever des cadres de couvain operculé (3)
  • de prélever des paquets d’abeilles

 

Comment se déroule l’essaimage ?

Quelques jours avant que l’essaim ne s’envole, c’est à dire quelques jours avant la naissance d’une nouvelle reine, la reine est moins nourrie par les ouvrières. Elle réduit ainsi son poids, ce qui lui permettra de s’envoler. Les abeilles se gorgent de miel afin d’avoir suffisamment de réserves pour les jours suivants, au cours desquels elles vont bâtir leur nouveau nid.

Ensuite par une belle journée, les abeilles vont sortir en masse de la ruche en émettant un bourdonnement caractéristique. Elles se regroupent alors en un véritable nuage composé de milliers d’abeilles. Les abeilles tournent en rond au dessus du rucher pendant quelques minutes puis s’en vont rapidement pour se poser sur une branche, un piquet ou dans une haie accueillante à proximité du rucher, parfois même dans le rucher, en attendant d’aller coloniser ce qui deviendra leur nid définitif.

 

 

Cellule royale ouverte: la reine est née

 

(1) Cellules royales: les ouvrières bâtissent des cellules spécifiques destinées à élever de futures reines appelées cellules royales. Lorsque la population d’une ruche devient trop importante, mais également dans d’autres circonstances, les abeilles édifient une cellule en forme de gland qui est ouverte vers le bas et qu’elles allongent au fur et à mesure de la croissance de la larve. Lorsque ce développement est arrivé à son terme, la cellule est operculée

(2) Phéromones : ce sont des substances chimiques émises par la plupart des animaux et qui agissent comme des messagers entre les individus d’une même espèce. Les abeilles émettent des phéromones de différentes natures répondant à des besoins spécifiques. La reine émet notamment une phéromone destinée à inhiber la construction de cellules royales par les ouvrières.

(3) Couvain ouvert et couvain operculé: Le couvain ouvert est constitué des œufs et des larves. Au bout de trois jours les œufs éclosent et deviennent des larves. Ces larves sont nourries de gelée royale et se développent fortement pendant les six jours suivants. A l’issue de ces six jours, les abeilles ferment les alvéoles à l’aide d’un opercule de cire. On parle alors de couvain operculé.

 

 

Un cadre de couvain ouvert : oeufs et larves

 

(4) Cire gaufrée: Les abeilles produisent de la cire pour construire les rayons qui serviront à constituer le nid à couvain et à entreposer les réserves de miel et de pollen. Pour faciliter la tâche des abeilles et obtenir des rayons plus réguliers, les apiculteurs introduisent dans les cadres vides des feuilles de cire sur lesquelles l’empreinte des cellules est portée des deux côtés. Les feuilles de cire gaufrée sont introduites dans les cadres vides et soudées sur les fils.

 

Cire gaufrée

  Feuille de cire gaufrée

 

 

 Prochain article : l’essaimage artificiel

Crédits photos:

  • Maja Dumat
  • Allispossible
  • Vipin Balija
  • Richardoyork

Podcast: Pourquoi devenir apiculteur

Bonjour et bienvenue dans ce premier podcast du blog Devenir apiculteur aspects pratiques.

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Comment trouver la reine ?

 

Reine née en 2010 (couleur bleue)

 

Rappel: un essaim ou une colonie ne valent que par la qualité de leur reine.

Il est donc souvent utile, parfois indispensable,  de repérer la reine au sein d’une colonie.

 

Pourquoi rechercher la reine?

De nombreuses raisons incitent à rechercher la reine, et notamment:

  • reine âgée à remplacer
  • colonie agressive qu’il serait dommage de détruire alors que le remplacement de la reine suffira à remettre les choses dans l’ordre
  • jeune reine à marquer à la suite d’un remérage (1) ou d’un essaimage (2) mal contrôlé
  • prélèvement de cadres de couvain (3) pour constituer un essaim artificiel (4)
  • toute autre intervention sur la ruche entraînant le risque de perdre la reine
  • etc …

 

Comment trouver la reine ?

Le moment le plus favorable pour rechercher une reine est celui où la plus grande partie des butineuses est partie récolter nectar et pollen, en pleine journée. Il y a moins d’abeilles dans la ruche et la reine est ainsi plus facile à trouver.

Comment procéder?

Avant d’ouvrir la ruche, il convient de l’enfumer légèrement par le trou de vol (6). Après avoir soulevé délicatement le couvre-cadres (7), assurez-vous que la reine ne s’y trouve pas. Placez-vous dos au soleil (d’où la nécessité de pouvoir tourner autour des ruches) afin d’orienter les cadres vers le soleil.

Commencez par retirer un des cadres de rive (8), observez-le rapidement (il y a peu de chances que la reine s’y trouve), puis posez-le à l’extérieur de la ruche, si possible contre le côté opposé à celui où vous vous trouvez.

Ensuite, sortez les cadres l’un après l’autre et observez-les rapidement sur les deux faces. L’observation doit se faire au-dessus de la ruche: si la reine tombait dans l’herbe, vous auriez peu de chances de la retrouver! Le premier cadre suivant prendra la place du cadre de rive, et ainsi de suite. Plus vous approcherez du nid à couvain (9) et plus vous aurez de chances de trouver la reine, et plus particulièrement sur les cadres où se trouvent des œufs fraîchement pondus.

Reine parmi les ouvrières née en 2009 (couleur verte)

Quand la reine est trouvée

Si votre objectif est de la remplacer, prenez-la délicatement entre pouce et index au niveau du thorax (c’est un bon exercice en vue de marquer ultérieurement vos reines), puis écrasez-la. S’il s’agit de la mettre en sécurité ou de ne pas la perdre de vue pendant certaines manipulation, mettez-la dans une pince à reine et posez celle-ci sur les têtes de cadres qui se trouvent encore dans la ruche. Si vous souhaitez la marquer à la couleur de l’année, vous devez également la prendre délicatement entre vos doigts. Dans ce cas, l’usage des gants est déconseillé si vous ne voulez pas écraser la reine ou qu’elle s’envole. Ensuite, remettez délicatement chaque cadre à sa place et refermez la ruche.

Remarque: le marquage des reines fera l’objet d’un article spécifique.

En cas de difficultés

Il arrive parfois que certaines reines se cachent tellement bien qu’il est difficile de les retrouver. Plusieurs solutions s’offrent alors à vous:

La plus simple

Revenir une heure plus tard et recommencer.

La méthode par tapotement

Placez sur le corps de ruche une hausse avec quelques cadres bâtis. Après avoir posé le couvre-cadres sur la hausse, enfumez abondamment par le trou de vol tout en tapotant le corps. Les abeilles et la reine vont monter dans la hausse. Après quelques minutes, lorsque la colonie sera montée dans la hausse, il suffira d’intercaler une grille à reine entre la hausse et le corps et d’enfumer les abeilles par le haut. Elles vont ainsi redescendre dans le corps. Après quelques minutes, il ne reste que quelques abeilles et la reine.

Autres méthodes pour retrouver la reine

Ces méthodes seront prochainement développées dans une fiche technique ainsi que sur une vidéo.

 

Conclusion

Si vous vous demandez: comment trouver la reine, entraînez-vous!

 

(1) Remérage: changement de reine

(2) Essaimage : mode de reproduction naturel des abeilles. La vielle reine quitte définitivement sa ruche, ou tout autre nid, avec une partie plus ou moins importante des abeilles de la colonie, sous la pression d’une jeune reine destinée à la remplacer. L’ensemble forme un essaim.

(3) Couvain : comprend les œufs, les larves et les nymphes. La reine pond des œufs qui éclosent au bout de trois jours pour donner naissance à des larves. Ces larves se développent et deviennent des nymphes. Au bout de douze jours, les nymphes émergent pour devenir insectes parfait : les abeilles (soit vingt et un jours après la ponte des œufs).

(4) Essaim artificiel: jeune colonie, créée par l’homme, composée d’abeilles et d’une jeune reine fécondée. Cet essaim « artificiel » est destiné à se développer pour former une colonie mature.

(5) Faux bourdon: les mâles ou faux bourdons, constituent l’une des trois castes qui composent une colonie d’abeilles.

(6) Trou de vol: le trou de vol est l’espace rectangulaire situé sur l’avant de la ruche, juste au dessus de plancher, destiné à laisser les abeilles entrer et sortir de la ruche

(7) Couvre-cadres: le couvre-cadres est un plateau aux dimensions extérieures de la ruche qui est posé sur le corps de ruche ou sur les hausses

(8) Cadre de rive: ce sont les deux cadres situés le plus près des parois extérieures de la ruche.

(9) Nid à couvain: le nid à couvain est le cœur de la colonie. Son ampleur dépend du stade de développement de celle-ci, et donc de la ponte de la reine. Fin avril-début mai, au plus fort de la ponte, il peut s’étendre sur 8 cadres. Il comprend les œufs, les larves et les nymphes

 

 

  Prochain article : l’essaimage

 

 Crédit photo:
  • Steve Burt
  • J.P. Goguen
 

Les mesures de prophylaxie

Les mesures de prophylaxie : pour avoir des bailles en bonne santé!

Cet article est le troisième et dernier de la série consacrée à la visite de printemps. Le premier étant la visite de printemps, le second équilibrer les colonies.

Qu’est-ce que la prophylaxie?

La prophylaxie est l’ensemble des mesures à mettre en place pour prévenir les risques sanitaires.

 

Les risques sanitaires

Les risques sanitaires dans une ruche ou dans un rucher sont les suivants:

  • risques liés aux maladies
  • risques liés aux virus
  • risques liés aux prédateurs

Chacun de ces risques fera l’objet d’un développement spécifique au cours des semaines et des mois à venir, les risques les plus importants étant traités en priorité. De même les mesures à prendre en cas de maladies feront l’objet d’une série d’articles à venir.

 

Comment prévenir les risques sanitaires?

La première mesure à prendre, lorsque vous souhaitez acquérir un essaim, est de vous adresser à un apiculteur ayant pignon sur rue qui vous fournira une colonie dynamique et exempte de maladies.

Ensuite, d’installer cette ruche sur un emplacement qui lui convienne (voir article : “démarrer avec combien de ruches”).

Puis s’assurer de maintenir une colonie dynamique en ayant en permanence une reine jeune avec une forte ponte.

Au cours des interventions sur les ruches: après avoir ouvert une ruche manifestement malade, ou que vous suspectez d’être malade, il convient pour éviter de propager la maladie :

  • de passer le lève-cadre à la lampe à souder
  • et de vous laver les mains, ou vos gants si vous en portez, à l’eau javellisée. L’utilisation de gants en caoutchouc est de ce fait préférable aux gants de cuir
  • et de demander à un apiculteur confirmé de venir voir ladite ruche, au cas où des mesures seraient à prendre d’urgence.

Les plateaux doivent être remplacés tous les ans lors de la visite de printemps par des plateaux propres :

  • grattés et passés au chalumeau pour les planchers en bois
  • ou trempés dans un bain de cristaux de soude pour ceux en plastique (attention aux conditions d’utilisation : il s’agit d’un produit dont la manipulation est dangereuse; il est donc impératif de vous protéger en conséquence)

Il est fortement déconseillé de faire des échanges de cadres entre ruches pour éviter toute transmission de maladie.

Après chaque visite, même si vous n’avez pas repéré de problème, passez lève-cadre et tout autre outil que vous aurez utilisé au chalumeau. Les gants seront lavés à l’eau javellisée.

A chaque fois qu’une ruche est vide, quelle qu’en soit la raison, elle doit être nettoyée, grattée et passée au chalumeau si elle est en bois, ou dans un bain de cristaux de soude si elle comporte des éléments en plastique (même remarque que précédemment).

Les pesticides contenus dans le nectar et le pollen rapportés dans la ruche par les abeilles, engendreraient un affaiblissement progressif des colonies, une diminution de la fertilité des mâles, et provoqueraient un raccourcissement significatif de la durée de vie des reines. En effet, la cire des cadres, qui est un corps gras, stocke ces produits qui, bien qu’utilisés à des doses sublétales (*) sont fortement suspectés d’être l’une des causes principales de la disparition des abeilles.

Il convient donc de renouveler régulièrement la cire des cadres. Ceux-ci devront être retirés des ruches, par rotation, tous les trois ans, et remplacés par des cadres de cire gaufrée. Il devra s’agir exclusivement de cire d’opercules.

 

Conclusion

Les mesures de prophylaxie concernent l’apiculteur, dans sa pratique, les ruchers et les colonies.

Soyez donc vigilants et donnez-vous les moyens de conserver de belles ruches en bon état qui feront votre fierté de vous donneront de belles récoltes de miel.

 

(*) Dose sublétale : dose toxique n’entraînant pas la mort immédiate des abeilles, mais dont l’accumulation dans l’organisme y conduit irrémédiablement après un temps plus ou moins long

Equilibrer les colonies

Devenir apiculteur

Cet article fait suite à celui consacré à la visite de printemps.

Lorsqu’un rucher se compose de plusieurs ruches, la visite de printemps met en évidence des disparités entre les ruches : certaines, très populeuses avec six cadres de couvain ou davantage, d’autres avec seulement deux ou trois cadres.

Pourquoi cette disparité?

Plusieurs raisons peuvent être envisagées, dès lors que  l’on exclut les maladies :

  • les colonies fortement développées possèdent une reine qui, par sélection humaine ou naturelle, est dotée d’une forte prolificité. Ces colonies serviront à faire des essaims (la constitution d’essaims sera abordée dans un prochain article)
  • les colonies peu développées ont au contraire une reine qui devra être remplacée le plus tôt possible (article à venir)
  • ces colonies ont  manqué de provisions à la fin de l’hiver et la reine n’a démarré sa ponte que tardivement. L’arrivée du printemps et le renouveau de la végétation feront rentrer les choses dans l’ordre
  • certaines colonies sont naturellement un peu plus tardives que d’autres. Le remplacement de la reine pourra être envisagé en fin de saison.

Equilibrer les colonies consiste à retirer des cadres de couvain des ruches les plus populeuses, afin de les mettre aux ruches les plus faibles, et donc à égaliser le rucher.

Sur la base de quels critères procéder à cet équilibrage?

On considère généralement qu’une ruche moyenne possède, lors de la visite de printemps, cinq cadres de couvain. Les ruches qui en possèdent davantage seront considérées comme fortes, les autres comme faibles.

Pour réaliser cet équilibrage, il suffira de prélever des cadres de couvain sur les ruches et plus fortes et de les insérer au milieu du couvain des faibles.

Attention : les cadres qui seront transvasés devront être des cadres de couvain operculés exclusivement (le fait de retirer des cadres de couvain ouvert sur les ruches fortes va provoquer un essaimage de la colonie)

Un mois plus tard, les colonies possèderont un couvain et une population comparables.

Avantages et inconvénients de la méthode :

  • Avantages :
    • les mêmes interventions se feront sur l’ensemble du rucher au même moment, notamment la pose des hausses
    • les colonies les moins développées auront davantage de chances de rattraper leur retard
  • Inconvénients :
    • l’égalisation des colonies masque leur valeur génétique (d’où la nécessité de noter, lors de la visite de printemps, le nombre de cadres de couvain) et ne permet pas de faire des comparaisons entre elles
    • le risque de transmettre des maladies, non déclarées ou non observée

En conclusion :

Equilibrer les colonies permet de faire de meilleures récoltes tout en simplifiant le travail, mais nécessite une vigilance accrue par rapport à une conduite individuelle de chacune d’entre elles.

 

 Prochain article: les mesures prophylactiques

Equilibrer les colonies : résultat un beau cadre de couvain

Crédit photo: Kev Shine

Visite de printemps

 

 

 

Cet article est le premier d’une série de trois qui seront consacrés à la visite de printemps.

La visite de printemps est LA visite à ne rater sous aucun prétexte.

Toutes les ruches doivent être ouvertes et observées attentivement. Les principales raisons d’être de cette visite sont les suivantes:

  • faire le point sur la manière dont les ruches ont passé l’hiver
  • déterminer les mesures à prendre immédiatement et dans les semaines à venir en fonction du stade de développement du couvain, ruche par ruche
  • avoir une vision globale de l’état des colonies dans un rucher en vue de procéder à un équilibrage entre colonies faibles et fortes (voir article suivant)
  • mettre en place les mesures prophylactiques de saison.

 

Quand et comment effectuer la visite de printemps

Remarque préalable : lorsque l’on parle de visite de printemps, on ne fait pas référence au printemps calendaire, mais au printemps apicole. Celui-ci démarre plus ou moins tôt en fonction des années et de la situation géographique des ruchers.

La visite de printemps doit être effectuée dès que les conditions climatiques le permettent: le temps doit être chaud et ensoleillé (15 ° minimum) et sans vent. Elle doit être de courte durée: 10 à 15 minutes maximum, afin de ne pas refroidir le couvain et de ne pas provoquer de perturbations au sein du rucher.

Avant d’ouvrir une ruche, il convient de l’enfumer légèrement par le trou de vol. Ensuite, enfumer délicatement au moment de l’enlèvement du couvre-cadres ou du nourrisseur. La fumée doit être blanche et froide. L’enfumoir doit être pourvu de combustible en quantité suffisante pour effectuer la visite de l’ensemble des ruches d’un rucher. Il doit être utilisé à bon escient: certaines races d’abeilles telle la Buckfast ne requièrent que très peu de fumée, d’autres demandent une utilisation plus soutenue. Mais il ne faut ni laisser les abeilles s’échapper en grand nombre, et souvent de manière agressive, par le haut, ni leur insuffler une fumée trop chaude et les faire sortir par le trou de vol.

Une fois que la ruche est ouverte, chaque cadre sera sorti et examiné attentivement.

 

L’examen des cadres

 

Examen d’un cadre

 

L’examen des cadres permet d’évaluer:

  • l’état sanitaire de la colonie
  • l’importance de la population
  • l’âge physiologique de la reine d’après sa ponte
  • les réserves

De plus, les cadres doivent être renouvelés tous les trois ans compte tenu, notamment, de la présence des pesticides qui sont captés et emmagasinés par la cire (pour de plus amples renseignements sur les causes de disparition des abeilles, lire l’article : “de la nécessité de protéger les abeilles”).

Comment procéder

Avant toute intervention sur une ruche, il faut observer son environnement immédiat: présence d’abeilles mortes devant la ruche et sur la planche d’envol. Par une belle journée, les abeilles doivent entrer et sortir de la ruche très activement pour aller chercher pollen et nectar.

Les cadres doivent être sortis l’un après l’autre et stockés dans le même ordre que dans la ruche.

Les cadres de rives qui sont en général secs (vidés de leurs provisions d’hiver) et noircis sont retirés et remplacés par deux cires gaufrées qui seront placées de part et d’autre du nid à couvain. Ces vieilles cires seront fondues ou éventuellement mises dans les ruches destinées à piéger les essaims. Les cadres abimés devront également être remplacés. Les cadres qui auront été retirés des ruches ne devront jamais être laissés sur place!!

Attention: les cadres des ruches mortes ne doivent pas être utilisées dans ces ruchettes (risque de transmission de maladies).

Il conviendra de noter le nombre de cadres occupés par les abeilles, le nombre de cadres de couvain, de pollen et le nombre de cadres de provisions.

Se focaliser

Deux points devront retenir particulièrement l’attention: l’état sanitaire de la colonie et la qualité de la ponte de la reine.

Etat sanitaire de la colonie

  • lorsqu’une ruche est ouverte, une odeur agréable doit s’en dégager (d’où la nécessité de ne pas trop enfumer). Une odeur forte et aigre est un signe de maladie: très souvent la loque
  • les têtes de cadres doivent être propres, éventuellement garnies de cire ou de propolis. Des déjections sont généralement le signe de nosémose
  • des abeilles traînantes sur les têtes de cadres sont également le signe de maladie
  • des abeilles inertes, la tête enfoncée dans les alvéoles,  sont mortes de faim
  • certaines années où il n’y a pas eu d’hiver véritable, la ponte ne s’est pas interrompue et les varroas auront continués à se développer. Il conviendra de procéder à un traitement, avant la pose des hausses, afin de limiter leur expansion

Etat de la ponte et du couvain

  • le couvain doit être compact et bien développé (au moins trois cadres)

 

Cadre de couvain naissant

 

  • une ponte disséminée (de nombreuses cellules vides au milieu du couvain) est le signe d’une reine vieillissante (attention: ne pas se fier à son âge réel) ou de mauvaise qualité. Dans les deux cas, elle devra être remplacée dès que possible
  • si la ponte est compacte mais sur un petit nombre de cadres, prévoir un nourrissement spéculatif tous les 4 à 5 jours à raison d’un quart à un demi litre au maximum jusqu’à un redémarrage franc de la ponte (deux à trois semaines). Attention : un nourrissement spéculatif trop intense favorise l’essaimage!
  • en cas d’absence de couvain, ou de couvain de mâles uniquement, la ruche est orpheline ou bourdonneuse. La regrouper avec une autre colonie
  • si le couvain atteint 5 ou 6 cadres, il s’agit d’une forte colonie

 

Le plancher doit être propre et ne pas présenter d’abeilles mortes en quantité ou de larves calcifiées, signe de mycose. Il sera remplacé par un plancher propre et désinfecté. D’où la nécessité d’avoir plus de planchers que de ruches actives.

 

Avant de refermer la ruche

Noter sur une fiche ou sur le toit de la ruche:

  • la date de la visite
  • le nombre de cadres de couvain
  • le nombre de cadres de provisions
  • la présence éventuelle de maladies (ou de suspicion de maladies)
  • les actions à réaliser lors de la prochaine visite.

Replacer les cadres dans l’ordre après avoir éventuellement recentré le nid à couvain. Gratter ensuite les têtes de cadres contenant des construction de cire ou une présence abondante de propolis.

Avant de refermer la ruche, donner un litre de sirop dilué (50/50) afin de rassurer les abeilles et de les faire travailler pour favoriser une remonter rapide de la température interne de la ruche, et plus particulièrement du couvain.

 

Prochain article: l’équilibrage des colonies

 

Crédits photos :

  • Vivie Zizounaï
  • Antoine Bovard
  • Ranulf 1214

Installer un premier rucher

 

Installer un premier rucher

Installer un premier rucher

Phrase résumé du livre “Installer un premier rucher”: ce livre s’appuie sur l’expérience de l’apiculture acquise par son auteur, et nous dévoile les étapes successives qui vont du choix d’un modèle de ruche et d’une race d’abeilles à la récolte et à la mise en pots de son miel.

Par Jean Riondet, apiculteur, formateur et journaliste, 2015, 160 pages

Chronique et résumé de “Installer un premier rucher”

Introduction

Au travers de cette lecture, qu’apprendrez-vous?

Vous allez apprendre comment vivent les abeilles dans la nature, dans leur état primitif, et dans nos ruches. Vous découvrirez comment se développe puis régresse une colonie au fil des mois et des saisons, et ce que peut et doit faire l’apiculteur pour aider la colonie dans les différentes phases de son évolution et maintenir ainsi son cheptel ou le développer.

Chapitre 1: Découvrir l’abeille et son mode de vie

Le cycle de vie de l’abeille

Notre abeille, Apis mellifera est à la fois un individu isolé et un membre du groupe que l’on appelle la colonie.

La reine pond des œufs de deux type: les œufs fécondés, et les œufs non fécondés. Les œufs non fécondés donneront des mâles appelés faux-bourdons, tandis que les œufs fécondés donneront des femelles qui deviendront soit ouvrières, soit reine.

L’œuf pondu éclot au bout de trois jours pour devenir une larve qui deviendra ensuite une nymphe. A partir de la ponte de l’œuf, il faut 16 jours pour obtenir une reine, 21 jours pour une ouvrière et 24 jours pour un mâle. Le couvain est constitué de l’ensemble des œufs, des larves et des nymphes.

La durée de vie des ouvrières varie selon la période de l’année, de 40 jours en été à près de 6 mois en hiver, et leur activité au sein de la colonie varie selon leur âge. En été, les ouvrières passent les trois premières semaines de leur vie au sein de la ruche, pour devenir ensuite butineuse et rapporter nectar, pollen, propolis et eau.

La reine, après être sortie de la ruche pour se faire féconder, reste dans la ruche jusqu’à sa mort ou jusqu’à ce qu’elle essaime. Sa seule fonction sera de pondre.

Le faux-bourdon, dont la durée de vie est plus longue que celle des ouvrières, ne vit qu’au printemps et en été. Son rôle est essentiellement de féconder les reines vierges, cependant il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. Triste fin que la leur puisqu’ils meurent après l’accouplement.

La colonie, mois par mois

L’abeille est un insecte social qui ne vit qu’en fonction des besoins de la colonie, et la biologie de l’abeille n’est pas toujours en phase avec celle de la colonie. C’est donc à l’apiculteur d’adapter ses interventions aux besoins de la colonie, eux-mêmes dépendant du rythme de la nature.

L’allongement des jours déclenche la reprise de la ponte de la reine. Celle-ci est nourrie exclusivement de gelée royale produite par les abeilles à partir du miel et du pollen stocké dans la ruche. Si les réserves sont insuffisantes, ou si la nature ne pourvoit pas aux besoins des abeilles, la ponte s’arrête.

La ponte qui démarre doucement en janvier se développe fortement à partir de février et surtout du mois de mars avec l’apparition des belles journées et des fleurs. A partir du mois d’avril, la profusion de fleurs et l’élévation de température déclenchent un intense développement de la ponte et un développement du couvain très rapide.

La colonie se développe, et les butineuses rapportent nectar et pollen. Le nectar transformé en miel par les abeilles excède leurs besoins et il sera dès lors prélevé par l’apiculteur.

A partir du mois de juillet les floraisons diminuent et la ponte de la reine se ralentit. Les pluies de fin d’été déclenchent de nouvelles floraisons, permettant ainsi aux ouvrières de rentrer nectar et pollen favorisant une reprise de la ponte, et permettant de compléter les réserves hivernales.

A partir du mois d’octobre, la ponte décroît et la population de la colonie diminue également jusqu’au prochain allongement des jours.

La colonie à géométrie variable

La colonie se compose:

  • d’une reine, seule et unique
  • de faux-bourdons: quelques milliers dans chaque ruche
  • des ouvrières: plusieurs dizaines de milliers à la fin du printemps.

Chapitre 2: Où installer son rucher ?

Avant d’installer un rucher, il convient de s’informer.

Ce que dit la loi

Le code rural fixe les conditions d’implantation des ruches vis-à-vis du voisinage. Dans chaque département les préfets arrêtent les distances à respecter par rapport aux propriétés voisines et au domaine public. Le maire peut également, en fonction des circonstances, prendre des arrêtés municipaux spécifiques à sa commune.

Assurer les meilleures conditions aux abeilles

L’environnement du rucher est important. Les abeilles devront avoir à proximité un environnement floral riche et diversifié, tant pour satisfaire les besoins de la colonie que la qualité et la quantité du miel qui sera récolté. Les colonies seront  éloignées des zones de grande culture dont les traitements sont très défavorables aux abeilles.

Les ruchers doivent si possible être implantés dans un endroit abrité des vents froids, des courants d’air et de l’humidité, et bien ensoleillés. Il convient également d’éviter un alignement rectiligne des ruches pour éviter la dérive des abeilles. Peindre les façades de couleurs différentes limite ce risque.

Minimiser les risques

L’ouverture des ruches présente un risque potentiel pour l’apiculteur et son entourage. Il convient donc d’éloigner les ruches des lieux fréquentés et de les ouvrir en semaine et non le week-end. Ne rien laisser traîner dans le rucher en le quittant: ni cadres, ni cire ou propolis, ni lanières de traitement.

Les obligations de l’apiculteur

  • se déclarer comme apiculteur: une déclaration initiale est à faire, soit auprès de la Direction Départementale de la Protection des Populations de votre département, soit en ligne : https://www.formulaires.modernisation.gouv.fr/gf/cerfa_13995.do.
  • s’assurer
  • si vous possédez plus de 10ruches, en faire la déclaration au moment de la rédaction de votre déclaration de revenus
  • si vous possédez plus de 50 ruches, vous devrez également en faire la déclaration à la Mutualité Sociale Agricole.

Chapitre 3 : Quel matériel adopter ?

Quel modèle de ruche choisir?

Il existe de nombreux modèles de ruches dont les plus courants en France sont les suivants: Dadant, Langstroth, Voirnot, Warré. Les ruches peuvent être en bois ou en plastique, chaque matériau ayant ses avantages et ses inconvénients.

Comment se présente une ruche?

La ruche se compose des éléments suivants: un plancher, le corps, la ou les hausses, le couvre-cadres, le toit, et une portière d’entrée. Une grille à reine est fréquemment utilisée.

Les cadres et leurs fonctions

La ruche à cadres mobiles fut une révolution dans la façon de gérer les colonies. Dans une ruche il existe deux types de cadres: les cadres de corps et les cadres de hausses . On y trouve des cadres à bâtir (souvent appelés “cires gaufrées”), des cadres bâtis vides, des cadres de couvain, des cadres de pollen et des cadres de miel.

L’évolution des cadres dans la ruche au fil des mois

De janvier où la reine recommence à pondre aux mois de mai-juin où la colonie a atteint son développement maximal, la composition du corps de ruche varie de façon considérable. Le temps arrive de poser les hausses. A partir  de juillet, les récoltes sont achevées et les hausses enlevées. La ponte diminue et le nombre de cadres de couvain également. Miel et pollen constitueront les réserves pour passer l’hiver. En octobre la colonie rentre en hivernage, le nid à couvain se resserre, les réserves sont à leur maximum. Fin décembre – début janvier il n’y a plus de couvain et les abeilles sont en grappe pour maintenir une température nécessaire à leur survie.

La caisse à outils de l’apiculteur

Deux outils de base de l’apiculteur sans lesquels il n’est rien: l’enfumoir et le lève-cadres. Les autres outils sont: la brosse à abeilles, la pince à reine, un chalumeau ou une lampe à souder, un bidon d’eau javellisée, carnet et crayon, un feutre de type Posca pour noter les observations sur le toit des ruches, et éventuellement un appareil photo.

L’équipement de l’apiculteur

Il est indispensable de se protéger. Pour cela divers équipements existent sur le marché: voile, vareuse ou combinaison intégrale: plus chère à l’achat, elle assure une protection complète du corps. Les gants: il est préférable d’en avoir lorsque l’on débute ou lorsque l’on a des abeilles quelque peu agressives. De plus, une trousse de secours comprenant une pompe à venin et une seringue d’adrénaline auto-injectable est vivement conseillée.

Chapitre 4 : Quelles abeilles choisir ?

L’amateur qui se découvre une vocation d’apiculteur ignore souvent qu’il existe plusieurs races d’abeilles. Chacune a ses particularités qu’il faut connaître avant de se décider.

Miser sur la qualité des essaims

C’est la qualité de la reine qui fait la valeur d’un essaim. Autrement dit, pour avoir un essaim de qualité il est souhaitable de se le procurer auprès d’un professionnel qui sélectionne ses reines sur les critères suivants: douceur, tenue au cadre, propension à l’essaimage, prolificité, capacités d’hivernage, résistance aux maladies.

Les périodes les plus favorables pour en prendre possession sont les mois de mai et septembre. Généralement vendus sur cinq cadres il faudra vous assurer qu’au moins trois cadres sont pondus, sur les deux faces, et sur une surface au moins égale aux trois quarts de celle de chaque cadre.

Emergence

Quelle race choisir?

Un tableau comparatif présente pour les principales races utilisées en France leurs caractéristiques ainsi que leurs avantages et inconvénients respectifs.

Chapitre 5 : Installer une nouvelle colonie

Jean Riondet aborde dans ce chapitre les problèmes liés au transport d’une colonie et les précautions à prendre pour que celui-ci se passe dans les meilleures conditions, du départ à l’arrivée.

Une fois sur place, la ruche doit être installée à son emplacement définitif, éventuellement transvasée puis nourrie avec un sirop dilué à 50% , et ce pendant trois semaines.

Chapitre 6 : Surveiller les ruches

Un cadre de couvain

De la fin de l’hiver à la fin du printemps, les ruches demandent à être régulièrement surveillées et certaines opérations doivent être effectuées en temps et en heure.

La visite des ruches: quand et pourquoi ? Pour faire de belles récoltes et assurer la pérennité des colonies, il faut les maintenir en bonne santé et avec une population adaptée au moment. Il faut donc s’intéresser de près à la dynamique de la colonie. Une première visite, dite de printemps, permet de faire le point au sortir de l’hiver. La visite de printemps se fera par beau temps et dès que possible à partir du mois de mars. Choisir une journée ensoleillée et chaude pour ouvrir la ruche. Tous les cadres devront être sortis et examinés attentivement. Le couvain sera recentré et le nombre de cadres qu’il occupe noté. Les plus vieux cadres ou ceux qui sont abimés seront remplacés par des cires gaufrées. S’il reste de la place inoccupée, remettre en place les partitions isolantes. Avant de refermer, mettre un litre de sirop à 50% (1 litre d’eau pour 1 kg de sucre), cela rassure les abeilles et favorise la remontée de la température.

Vos observations seront notées sur un carnet ou sur le toit de la ruche.

L’auteur présente une fiche de visite assez complète avec les points à vérifier, tant à l’extérieur de la ruche, avant de l’ouvrir, qu’à l’intérieur, le diagnostic à poser et les actions à entreprendre.

Par la suite, il conviendra de suivre chaque semaine le développement de la colonie, afin de permettre à la reine de pondre dans les meilleures conditions en agrandissant le nid à couvain, tout en évitant un essaimage désastreux. Si besoin un nourrissement passager sera apporté en cas de famine (faibles floraisons). La pause et le retrait des hausses s’effectueront à l’occasion de ces visites.

Après la récolte d’été il faudra effectuer les traitements anti-varroa et préparer l’entrée dans la période d’hivernage.

Enfin la visite d’automne devra permettre de vérifier l’état de la ruche avant hivernage. Pour ce faire, les cadres seront sortis et examinés attentivement un à un. Noter le nombre de cadres de couvain, de cadres de provisions, la présence de la reine. Les cadres vides seront retirés, la colonie resserrée si besoin et des partitions isolantes mises en place. Si la reine est de mauvaise qualité ou âgée, la changer. Les colonies faibles ou orphelines seront regroupées. Un nourrissement sera apporté sous forme de sirop concentré (75 % de sucre). La ruche sera ensuite pesée. Une ruche Dadant 10 cadres devra peser entre 35 et 38 kg pour bien passer l’hiver.

Chapitre 7: Nourrir ses abeilles

A l’état sauvage les abeilles ne sont pas nourries. Cependant, l’arrachage des haies et la disparition des fleurs sauvages, la modification des pratiques culturales, imposent de nourrir les abeilles dans les ruches pour assurer la pérennité des colonies.

Il existe différents types de nourrissement qui sont mis en œuvre à des moments bien particuliers. Le plus important est sans conteste le nourrissement de fin d’été, après que la dernière récolte ait été effectuée. Il permet aux abeilles de refaire leurs réserves pour l’hiver.

Les abeilles ont besoin de trois types d’aliments:

  • l’eau pour produire la gelée royale et refroidir la ruche par forte chaleur
  • le miel, le sirop de nourrissement ou le candi: le sucre est la source d’énergie des abeilles qui leur permet de faire leur travail et de produire de la chaleur.
  • le pollen, seule source de protéines des abeilles. Sans pollen pas de gelée royale, donc pas de ponte, et pas de gelée nourricière pour les larves.

Chapitre 8: Soigner et protéger les colonies

Comme tous les êtres vivants, les abeilles doivent faire face à un certain nombre de maladies et de parasites.

Pour les y aider, la prophylaxie est la première mesure à adopter tant au niveau du rucher que des ruches. Les ruchers doivent être situés dans des endroits ensoleillés, ni froids ni humides, ni en courant d’air. Les colonies seront sélectionnées sur leurs qualités hygiéniques et sur la prolificité de  leur reine de manière à avoir des populations importantes.

Le matériel fera l’objet d’une attention particulière: nettoyage annuel des planchers à la sortie de l’hiver, désinfection des corps de ruches chaque fois qu’elles sont vides et après toute maladie, désinfection du lève-cadres au chalumeau après toute suspicion de maladie sur une ruche, et lavage des mains ou des gants à l’eau javellisée, vêtements propres et régulièrement lavés.

Sont ensuite présentées les principales maladies touchant les abeilles, puis le problème majeur qu’est le varroa, ainsi que les mesures préventives et curatives à adopter. Un nouveau ravageur est à nos portes : aethina tumida qui requière la plus grande vigilance.

Enfin le cas de différents prédateurs est évoqué. Pour certains, il suffit de mettre une portière à l’entrée des ruches, réduisant ainsi le passage.

Aethina tumida: présence avérée en Italie depuis 2014. Ce petit coléoptère de la ruche (PCR) pond ses œufs dans les ruches; ses larves consomment le miel dégageant une odeur d’orange pourrie. Le miel est impropre à la consommation humaine et les colonies s’effondrent très rapidement. Beaucoup plus grave est le cas du frelon asiatique Vespa velutina qui peut provoquer des ravages considérables dans les ruchers. La prévention passe par un piégeage dès le début du mois de mars pour capturer les femelles fondatrices puis à partir du mois de juillet pour détruire le maximum de mâles et femelles reproducteurs, et de femelles venant se nourrir des abeilles pour alimenter leurs larves.

Chapitre 9 : Limiter l’essaimage

Deux beaux essaims

L’essaimage est le mode de reproduction naturel des abeilles. La reine vieillissante part de la ruche avec la moitié de la colonie. Les abeilles et le couvain restants ne pourront assurer de récolte pour la saison, même dans le cas où la jeune reine qui va la remplacer se remettrait à pondre rapidement. Dans le meilleur des cas, la récolte est compromise, dans le pire des cas, c’est la survie de la colonie qui est compromise.

L’essaimage se produit, selon les régions de mars à fin juin, voire juillet (rarement), essentiellement en avril et mai.

Les causes de l’essaimage sont :

  • un encombrement du nid à couvain par du nectar et/ou du pollen provoque un blocage de ponte
  • une population surabondante masque les phéromones royales
  • un déséquilibre dans le rapport nourrices / larves entraîne l’allongement de cellules royales

Certains signes doivent nous alerter qui se traduisent presque toujours par un blocage de ponte.

Pour stopper la fièvre d’essaimage et/ou prévenir le prévenir, la création d’essaims artificiels, le prélèvement d’abeilles et/ou de cadres miel sont les principales mesures à adopter.

Sont ensuite abordées les différentes méthodes pour créer un essaim artificiel et en assurer le bon développement, y compris l’introduction d’une reine fécondée dans un essaim ou une ruche orpheline.

Chapitre 10 : Produire et récolter son miel

Le miel récolté résulte d’une surproduction des abeilles par rapport à leurs besoins ou à leurs capacités de stockage. Mais pour ne pas faire de prélèvements qui compromettraient la survie de la colonie l’hiver venu, le miel est récolté dans les hausses qui seront posées au moment le plus opportun.

Quand et comment poser les hausses

Le “bon moment” pour poser les hausses est le moment où les abeilles occupent la totalité des cadres de la ruche et où les grandes miellées arrivent: acacia, colza, arbres fruitiers. A ce moment, la tête des cadres se couvre de cire blanche.

Il est temps de poser une hausse !

Si vous souhaitez éviter que la reine ne monte pondre dans la hausse, insérez une grille à reine entre le corps et la hausse (le bienfondé d’une telle pratique est toujours l’objet de vives discussions lors de rencontres entre apiculteurs).

Récolter son miel étape par étape

Il est préférable de faire la récolte après chaque miellée, cela permet d’obtenir des miels typés selon les floraisons. Mais attention aux périodes de famines qui s’ensuivent généralement et qui impliqueront de nourrir les colonies. Le bon moment pour récolter: lorsque les cadres de hausses sont operculés aux trois-quarts.

Il existe diverses manières d’enlever les hausses:

  • soit en introduisant la veille entre corps et hausse un plateau chasse-abeilles. Au cours de la nuit les abeilles redescendront dans la ruche et les hausses seront vides le lendemain. Cela suppose d’avoir mis une grille à reine et donc qu’il n’y ait pas de couvain
  • soit en retirant les cadres les uns après après les autres et en enlevant les abeilles qui se trouvent sur chacun d’eux par un brossage. Cette méthode ne convient que lorsqu’on a très peu de ruches.

Les cadres de miel rapportés à la miellerie seront désoperculés et mis dans l’extracteur. A la sortie de l’extracteur le miel devra être filtré pour en retirer les débris de cire et autres déchets. Il sera ensuite transvasé dans un maturateur où, contrairement à ce que son nom indique, il n’y a pas de maturation du miel à attendre, mais une simple décantation. La densité du miel étant très importante, les petits déchets remonteront à sa surface. Il suffira de les enlever.

Désoperculer un cadre

Ensuite le miel pourra être mis directement en pots ou stockés dans des futs alimentaires prévus à cet effet.

Le miel étant un produit comestible, les pots devront être étiquetés en respectant les règles fixées par décret.

A la fin de chaque chapitre, parfois au milieu, figurent des conseils pratiques qu’il est bon d’avoir en tête avant de se lancer:

  • trouver une reine et la marquer
  • allumer l’enfumoir
  • cueillir un essaim naturel
  • ouvrir une ruche
  • disperser une colonie
  • réunir deux colonies
  • nourrir au candi
  • détruire une colonie
  • désinfecter les hausses
  • protéger les hausses contre la teigne

Conclusion:

Dans ce livre Installer un premier rucher de Jean Riondet nous apprenons :

  • ce que sont les abeilles
  • quel est leur cycle de vie et comment évolue la dynamique de développement et de régression d’une colonie au cours de la saison
  • quel matériel et quelle race d’abeilles choisir
  • quelles sont les interventions à réaliser sur les ruches en fonction des saisons, pour leur assurer un développement harmonieux et pérenne,  prévenir les maladies, et enfin récolter son miel.

Points forts:

  • ce livre est bien écrit, simple et accessible à tout un chacun
  • les chapitres se suivent avec logique
  • les textes sont appuyés de photos ou dessins appropriés
  • il est suffisamment court pour ne rebuter quiconque, même les personnes en froid avec les livres.

Point faible:

Comme précisé en quatrième de couverture, ce livre est davantage un rappel pour des personnes ayant assisté aux formations dispensées par Jean Riondet qu’un livre pour découvrir et se lancer directement dans le grand bain de l’apiculture.

Si vous souhaitez découvrir une autre approche de l’apiculture par Jean Riondet, vous serez peut-être intéressé par cet autre livre: Le Rucher Durable

 

Crédits photos:

  • Quisnovus
  • David Goehring
  • Neil Kelley
  • n_yoder
  • Yves Thennevin

 

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Les prédateurs de la ruche : 1. Le Frelon Asiatique

Les prédateurs de la ruche et des abeilles sont nombreux.

Outre l’homme, grand prédateur devant l’éternel, les abeilles ont toujours été l’objet de prédateurs plus ou moins dangereux pour les colonies. Les principaux sont notamment: la fausse-teigne, divers acariens, souris et mulots, martes et blaireaux, l’ours dans les Pyrénées, Le pic-vert, etc…

Depuis quelques années sont apparus en France et en Europe de nouveaux prédateurs dont les ravages sont sans commune mesure avec tous ceux cités précédemment: Varroa Jacobsoni (Varroa) et Vespa velutina nigrithorax (frelon asiatique). Un troisième pointe son nez à nos portes: il s’agit du Petit Coléoptère de la Ruche : Aethina tumida.

Nous allons au cours de cet article découvrir aborder le thème du Frelon Asiatique contre lequel il va falloir dès les prochains jours prendre quelques mesures préventives.

 

Vespa velutina

 

Description

Jusqu’au milieu des années 2006, vivait en France et en Europe une seule espèce de frelon: Vespa Crabo, ou frelon commun. En 2004, il a été découvert dans le sud-ouest de la France, une nouvelle espèce de frelons, non endémique, avec pour caractéristique principale d’avoir des pattes jaunes. Vespa velutina nigrithorax, ou frelon asiatique, présente les caractéristiques suivantes:

  • tête : dessus noir, face orangée avec des yeux proéminents
  • thorax: brun/noir
  • abdomen: segments 1, 2 et trois (en partant du thorax) bruns avec une très fine bande orangée; le quatrième segment est orangé
  • pattes : jaunes

Le frelon européen est noir, son abdomen est rayé jaune et noir, et ses pattes sont noires. Il est de manière générale plus grand que Vespa velutina.

Son habitat

Si le frelon asiatique établit fréquemment son nid en haut des arbres, 12 à 15 mètres, parfois plus, on peut aussi en observer dans les endroits les plus inattendus: abris de jardin, haies, bâtiments abandonnés, etc… Contrairement aux abeilles, le nid à couvain destiné à recevoir les œufs pondus par la reine est bâti à l’horizontale. Les nids qui se trouvent dans les arbres peuvent atteindre 1 m de hauteur pour 80 cm de diamètre. Les plus gros nids peuvent compter plusieurs milliers d’individus.

 

Tout en haut

Le cycle de vie du frelon asiatique

Contrairement à l’abeille domestique, la durée de vie du frelon asiatique est de quelques mois seulement, y compris pour la reine. Après avoir été fécondées à l’automne précédent et avoir hiverné, ces jeunes reines vont dès l’apparition des beaux jours se mettre en quête d’une nourriture leur apportant l’énergie nécessaire à leur future activité de reproductrice. Cette source d’énergie sera essentiellement à base d’aliments sucrés.

Ensuite, généralement au mois d’avril, elles vont bâtir un nid de la taille d’une orange et commencer à pondre. Les premières ouvrières qui naîtront vont se charger d’agrandir le nid et de nourrir les larves à venir. La reine ne sortira plus de son nid et passera le reste de sa vie à pondre. De même que pour les abeilles, les œufs sont de deux types: ceux qui sont fécondés sont des œufs d’ouvrières, les œufs non fécondés sont des œufs de mâles. Ceux n’apparaissent que bien après les femelles.

Fin août- début septembre, un certain nombre de frelon mâles et femelles vont quitter le nid pour aller se reproduire. Les mâles ne survivent pas à l’accouplement. Les futures reines (jusqu’à plus de 300 pour un très gros nid) vont rechercher un endroit où s’abriter pour passer l’hiver et attendre le printemps suivant.

Les frelons restés dans le nid avec la reine mourront de froid et de faim au début de l’hiver. Il arrive cependant que l’on observe des nids encore occupés au mois de janvier. Les nids seront ensuite détruits par les intempéries ou les oiseaux.  

Alimentation de Vespa velutina

Les frelons asiatiques sont des insectes se nourrissant d’aliments riches en glucides dans lesquels ils trouvent l’énergie dont ils ont besoin, et d’animaux morts ou vivants dans lesquels ils recherchent les protéines. Ce sont à ce titre de parfaits charognards. Les abeilles sont un met de choix pour eux. Ils se mettent en vol stationnaire devant l’entrée des ruches et attrapent les abeilles chargées de provisions à leur retour de butinage. S’en saisissant, ils vont se poser sur une branche voisine et les décapitent avec leurs puissantes mandibules pour puiser la chair contenue dans leur thorax. Mais guêpes, mouches, papillons ou chenilles et araignées leur conviennent aussi. Ils rapportent dans leur nid cette nourriture riche en protéines avec laquelle seront nourries les larves.

 

Danger pour les abeilles

Les frelons asiatiques représentent une source de danger pour les abeilles pour deux raisons. D’une part, ils sont capables de décimer les colonies en quelques jours en tuant systématiquement toutes les ouvrières qui sortent de la ruche. D’autre part, ils exercent une pression “psychologique” sur les abeilles qui n’osent plus sortir malgré les besoins pressants de faire des provisions avant l’hiver. Les ruches se trouvant rapidement affaiblies, ils y pénètrent alors un grand nombre et achèvent les abeilles restantes. Ensuite, ils vident les provisions. En quelques jours, les ruches se retrouvent totalement vidées d’habitants et de provisions.

 

Danger pour l’homme

Le frelon asiatique est dangereux pour l’homme lorsqu’il pénètre dans un espace de 4 à 5 mètres autour du nid. Les femelles sortent alors en grand nombre et agressent le fautif. La piqure semble plus dangereuse que celle des guêpes. Le dard pénètre en effet profondément dans la chair, jusqu’à 6 mm. Le nombre de piqures reçues et donc la dose de venin absorbée par l’organisme présentent un danger important. La personne piquée risque alors de faire un choc anaphylactique (réaction allergique exacerbée, entraînant dans la plupart des cas de graves conséquences et pouvant engager le pronostic vital).

En dehors de leur espace vital, les frelons asiatiques ne présentent pas d’agressivité particulière.

 

Découverte des nids

En règle générale, les nids situés dans les arbres ne sont découverts qu’à l’automne, au moment de la chute des feuilles. Il est important de les faire détruire pour limiter le nombre de futures fondatrices qui se reproduiront l’année suivante. Malheureusement, la destruction des nids n’est pas obligatoire, et les interventions des entreprises spécialisées  sont assez coûteuses. Le 10 octobre 2012, “devant l’importance et l’urgence de la situation” (http://www.developpement-durable.gouv.fr/spip.phppage=article&id_article=29735), Stéphane Le Foll et Delphine Batho avaient conjointement annoncé le classement du frelon asiatique en organisme nuisible, danger sanitaire de première catégorie. Cependant, le 26 décembre, le ministre de l’agriculture classait le frelon en danger sanitaire de deuxième catégorie!

 

 

 

 

 

Que faire ?

Malgré le fait que l’état n’ait pas respecté son engagement de classement en première catégorie, il convient:

  • d’une part de faire procéder à la destruction des nids dès qu’ils sont découverts (de nombreuses communes et collectivités prennent en charge partiellement ou totalement leur destruction). Attention: n’intervenez pas vous-même pour détruire ces nids. Il faut impérativement disposer de protections adaptées, et celles des apiculteurs ne le sont pas!!
  • et d’autre part de piéger les femelles fondatrices dès la fin de l’hiver.

En effet, l’expansion de cette espèce invasive devient extraordinairement préoccupante.

 

Comment piéger?

Les pièges doivent être disposés:

  • à proximité des emplacements où des nids ont été repérés à l’automne précédent. De nombreuses fondatrices sont en effet restées à proximité de leur nid initial, et même des nids des cinq années précédentes. Les pièges doivent être placés de manière à bénéficier du soleil matinal et de l’ombre l’après-midi.
  • et à proximité des ruchers

Il convient de les placer à une hauteur de 50 cm à 1 mètre du sol.

 

Quels types de pièges?

Les pièges fabriqués à partir de bouteilles en plastique conviennent parfaitement. Préférer les bouteilles de cinq ou six litres. La partie entonnoir devra être protégée de la pluie afin que le mélange destiné à attirer les frelons ne soit pas dilué. De nombreux modèles sont présentés sur internet.

Quel appât?

Un mélange de bière, vin blanc, sirop de cassis est bien adapté. Une boisson alcoolisée est importante: les abeilles et de nombreux insectes fuient l’odeur de l’alcool et ne seront donc pas attirés dans ces pièges.

Remarque: si le piège est plein, ce qui ne devrait pas être le cas au printemps, ne pas vider le mélange préparé lorsque vous enlevez les frelons, et en laisser trois ou quatre. Les phéromones dégagées continueront d’attirer les autres frelons.

 

Quand piéger?

Dès l’arrivée du redoux et au plus tard le 15 mars.

Sur quelle durée piéger?

C’est au mois d’avril que les prises seront maximales. Mais les pièges devront être laissés en place jusqu’à la floraison du châtaignier (juillet dans la plupart des régions). Les piégeages reprendront ensuite au plus tard fin août, jusqu’au mois de décembre si nécessaire.

 

 

Et pour l’avenir ?

Différentes pistes de recherches ont été suivies jusqu’à ce jour. Eric DARROUZET et son équipe de l’université F. Rabelais à Tours tentent de trouver une ou des phéromones spécifiques du frelon asiatique qui permettraient de remplacer les pièges avec appâts alimentaires non spécifiques par des pièges à la fois efficaces et sélectifs.

 

 

Crédit photos:

  • Danel Solabarriéta
  • Jacques Chibret

 

Démarrer avec combien de ruches?

Démarrer avec combien de ruches?

Les abeilles sont des êtres vivants auxquels il faut apporter soins et protection. Donc avant de répondre à la question, vous allez devoir vous pencher sur les points de réflexion suivants:

  • quel type d’apiculteur ai-je envie de devenir?
  • ce choix peut-il évoluer dans le temps?
  • ma volonté de devenir apiculteur correspond-elle à un désir profond et motivé?
  • qu’en pense mon entourage familial?
  • sur quel emplacement installer ma ou mes ruches?
  • comment vais-je pouvoir me former?
  • de quel budget puis-je disposer?

Lorsque vous aurez sérieusement étudié toutes ces questions et que vous y aurez répondu, que vous aurez mis vos différentes réponses en perspective, alors vous pourrez prendre une décision pertinente et vous lancer dans cette fabuleuse aventure.

 

Quel type d’apiculteur ai-je envie de devenir?

Au moment où vous lisez ces lignes, avez-vous envie de devenir apiculteur pour:

  • avoir un loisir qui a priori le restera?
    • si tel est le cas, combien d’heures par semaine pensez-vous pouvoir y consacrer?
    • si tel n’est pas le cas, autrement dit si vous envisagez de tirer quelques revenus de cette activité, voire d’en vivre pleinement, à quelle échéance cette évolution est-elle susceptible de se produire?
  • générer des revenus complémentaires?
    • si oui, combien et à quelle échéance?
  • compléter une activité à temps partiel ou occuper une retraite à laquelle vous n’étiez pas préparé?
  • devenir apiculteur professionnel?

La réponse à ses questions est importante car elle déterminera l’engagement financier que vous devrez prévoir.

  • S’il s’agit exclusivement d’un loisir, la notion de retour sur investissement (ou plus simplement de rentabilité) n’est pas votre préoccupation majeure. L’apiculture, comme tous les loisirs, a un coût. Mais vous aurez le plaisir de consommer votre miel et éventuellement d’en offrir à votre famille et à vos amis. Et le plaisir d’offrir n’a pas de prix!!
  • S’il s’agit d’une activité destinée à générer des compléments de revenus, voire un revenu à part entière, il conviendra d’avoir une tout autre réflexion mettant en jeu les investissements, le coût d’exploitation et le chiffre d’affaires attendu pour estimer les revenus que vous pourrez en attendre.

 

 

 

 

Ce choix peut-il évoluer dans le temps?

La retraite approche et vous souhaitez la préparer dès maintenant en faisant l’acquisition de quelques ruches. Mais votre projet, une fois obtenue cette retraite si longtemps attendue, ou pour certains trop tôt venue, est de développer votre cheptel à ce moment-là. Durant ces quelques mois ou quelques années qui vous séparent de cette échéance, vous aurez l’occasion de vous former et d’acquérir de l’expérience. Si votre souhait est de passer d’une une à deux ruches à moins d’une dizaine, pas de problème, les choses se feront naturellement. Si en revanche vous prévoyez d’aller au-delà, il conviendra de réfléchir au fait que le matériel de miellerie, et tout particulièrement l’extracteur, ne sera plus adapté à votre développement. Dans ce cas, il sera judicieux de faire l’achat, dès la première année, d’un matériel adapté à votre expansion future.

 

Extracteur

 

Ma volonté de devenir apiculteur correspond-elle à un désir profond et motivé?

Etes-vous quelqu’un qui aime “papillonner”, passer d’une activité à l’autre, découvrir sans cesse de nouvelles choses, mais qui, au fond, n’aime pas ou ne sait pas se fixer à long terme? L’apiculture n’est pas faite pour vous! Etre apiculteur est avant tout être un éleveur. Avant d’être une activité permettant de récolter du miel, c’est une activité d’élevage. Les abeilles, comme tous les animaux, nécessitent une présence régulière, de l’attention, des soins, l’entretien et le nettoyage de leur ruche, éventuellement d’être nourries, en plus du travail de renouvellement des reines, et de préparation de la ou des récoltes. Chaque année, d’avril à juin, parfois un peu plus tôt dans certaines régions, certaines de ces tâches exigent d’être effectuées toutes les semaines. Si vous vous absentez sur de longues périodes, notamment au printemps, vos colonies auront essaimé et la probabilité d’avoir tout perdu est grande.

Mais l’apiculture n’est pas synonyme de bagne. Elle est même source de plaisirs. Regarder le bal des abeilles à l’entrée de la ruche un jour de beau temps est aussi fascinant que regarder un feu de cheminée, ou la mer sur les côtes escarpées de Bretagne. Si vous aimez vous fixer, observer, préparer, passer du temps avec les animaux, si acquérir une ruche est un désir profond et conscient, bravo! en apprenant par vous-même et auprès des autres, vous pourrez réussir de belles choses et être fier de vos ruches et de vos futures récoltes!

 

 

 

Qu’en pense mon entourage familial?

Un point important à ne pas négliger. Compte tenu des contraintes évoquées ci-dessus, il est préférable que votre entourage (conjoint, enfants…) vous soutienne dans votre projet, ou à tout le moins ne s’y oppose pas. Il y a en effet deux aspects à prendre en compte.

  • d’une part, si vous projetez d’installer les ruches dans votre propriété, le vol permanent des abeilles dès qu’il fait beau. Pour répondre à cette objection, il vous suffira d’orienter les ruches de telle façon que les abeilles ne perturbent pas votre intimité familiale.
  • d’autre part, la contrainte de ne pas vous absenter sur des périodes de plus d’une semaine entre les mois d’avril et de juin.

Sur quel emplacement installer ma ou mes ruches?

A moins que vous n’ayez une grande propriété, il n’est pas recommandé d’installer plus d’une dizaine de ruches chez vous. Si votre projet est de démarrer avec davantage de ruches, ce qui n’est pas raisonnable tant que vous n’aurez pas acquis une expérience suffisante, il vous faudra trouver un terrain adapté à votre projet.

  • Vous habitez en ville
    • dans un appartement: votre seul possibilité sera d’installer vos ruches sur votre balcon. Vous devrez prendre des dispositions pour que les abeilles ne viennent pas indisposer vos voisins. Si vous avez la chance d’habiter au dernier étage d’un immeuble et de disposer d’une grande terrasse privative, ce sera plus facile.
    • dans une maison: vous installerez vos ruches dans votre jardin sous réserve des conditions fixées par la loi et les règlements préfectoraux et municipaux. Voir article “Ce que dit la loi”. 
  • Vous habitez à la campagne, dans un village: mêmes conditions que ci-dessus.
  • Vous habitez en campagne dans une maison isolée, ou en montagne, pourquoi pas dans les bois: que vous envisagiez d’installer quelques ruches ou davantage, de nombreuses possibilités s’offrent à vous:
    • si vous ne prévoyez pas de déplacer vos ruches (transhumer) au gré des floraisons, vous devrez simplement veiller à ce que les ruches se trouvent dans un environnement botanique qui leur soit favorable, avec des ressources mellifères et pollinifères riches et variées
    • si vous envisagez de transhumer, votre souci sera de trouver un rucher d’hivernage facile d’accès, abrité des courants d’air et d’une humidité excessive.
    • dans ces deux cas, le nombre de ruches ne sera plus un facteur limitant (du point de vue de l’emplacement).

 

 

Comment vais-je pouvoir me former?

Un autre point important à étudier avant de répondre à la question : ”démarrer avec combien de ruches?”, est de savoir comment vous allez vous former.

La première étape est de vous procurer quelques ouvrages qui fassent référence tout en abordant de manière claire et précise les notions de base qu’il vous faut acquérir d’un point de vue théorique pour comprendre comment fonctionne une ruche, comment une colonie se développe et pourquoi elle périclite, que faire à tel moment de l’année ou en telle circonstance, etc.…

La seconde étape est de vous demander comment vous former “sur le terrain”. La manipulation des ruches et des abeilles demande de savoir comment s’y prendre. Pour cela vous avez plusieurs possibilités:

  • les ruchers écoles: il existe, dans tous les départements, des ruchers écoles au sein desquels, outre une formation théorique de base dispensée par des apiculteurs ayant de longues années d’expérience, vous serez amenés à pratiquer. En fonction de la saison et des impératifs du moment, vous participerez aux travaux sur les ruches au même titre que les autres participants. Ces formations sont généralement de bonne qualité. Le seul reproche est parfois le trop grand nombre de stagiaires pour le nombre d’intervenants. Mais vous n’oublierez que ce sont des bénévoles, et qu’il n’y en a pas tant que cela!
  • un voisin apiculteur: il ou elle, sera sans doute ravi(e) de vous montrer comment il travaille, voire de vous mettre un enfumoir et un lève-cadres dans les mains. C’est souvent une bonne formule à condition que ledit voisin participe régulièrement à des réunions de formation et d’informations pour se tenir au courant des évolutions concernant le monde apicole, tant en ce qui concerne les maladies, les ravageurs, les pollutions, qu’en ce qui concerne les bonnes pratiques apicoles à observer pour faire face à d’éventuels problèmes, et si possible les anticiper.
  • un apiculteur professionnel: certains apiculteurs professionnels acceptent de prendre des personnes en formation “à la carte” sur des week-ends, voire des semaines entières. Ils demandent généralement une participation financière (eh oui, lorsqu’ils vous consacrent du temps, ils ne travaillent pas pour eux-mêmes!).

De quel budget puis-je disposer?

Outre l’acquisition d’une ou plusieurs ruches, et des essaims qui vont avec, il ne faut pas oublier le petit matériel dont vous aurez besoin (voir article “Le matériel et l’équipement de l’apiculteur”), ni le matériel de miellerie.

Il existe dans de nombreuses régions françaises des fournisseurs de matériel apicole qui saurons vous proposer un matériel adapté à vos besoins et à des prix raisonnables. Rappelez-vous cependant qu’en matière d’apiculture comme en tout autre domaine, le moins cher n’est pas toujours une bonne affaire.

Démarrer avec combien de ruches?

Lorsque vous aurez réfléchi aux aspects évoqués ci-dessus, au temps que vous pourrez consacrer à vos ruches, à l’emplacement sur lequel vous les installerez, au budget dont vous disposez, vous pourrez prendre une décision dans les meilleures conditions.

Indépendamment de ces critères, même si toutes les conditions sont réunies pour que vous démarriez avec plusieurs ruches, je vous conseille pour une première année de démarrer “petitement”, d’apprendre, de vous former, et de pratiquer. En fonction de ce que vous aurez vécu, ressenti, éprouvé, vous pourrez au cours de l’hiver suivant, décider d’acheter quelques ruches supplémentaires.

Une bonne façon de démarrer est d’acheter deux ruches avec leurs essaims et une ruchette. Si vous achetez une ruche avec un essaim, et que, par malheur pour vous, la colonie disparaisse, vous pourrez refaire un essaim à partir de celle qui reste. Par anticipation, vous aurez de toute façon intérêt à faire un essaim. D’où l’intérêt de posséder une ruchette vide.

Vous aimez les animaux, la nature, vous êtes curieux, observateur, vous aimez partager vos expériences avec d’autres apiculteurs, vanter les qualités de votre miel ou la douceur de vos abeilles (voir article “Quelle race d’abeilles choisir?”), alors foncez! Réservez au plus vite une ou plusieurs ruches (voir articles “Quel type de ruche choisir?”), un ou plusieurs essaims, vous allez découvrir un monde fabuleux!

 

 

 

Pour de plus amples renseignements: http://devenir-apiculteur-aspects-pratiques.com/contact-2/

 

 

Crédits photos:

  • Frédérique Bisson
  • kt.ries
  • George.brener
  • Gilles Couteau
  • Kris Fricke

 

Ce que dit la loi

Installer quelques ruches dans son jardin, consommer son propre miel et en offrir à la famille et aux amis, voici le projet de toute personne souhaitant devenir apiculteur.

Il convient cependant de bien étudier ce que dit la loi en cette matière, et diverses obligations s’imposent aux futurs apiculteurs. Elles concernent l’implantation d’un rucher, la détention de ruches (eh oui ce n’est pas la même choses!), les assurances, les relations avec l’administration fiscale et la Mutualité Sociale Agricole. La tenue d’un registre d’élevage est en outre obligatoire.

Rucher

Implantation d’un rucher

D’une manière générale, les abeilles ne doivent pas gêner les voisins. Le Code Rural fixe les conditions de détention des ruches par rapport au voisinage. Les distances à respecter sont variables et fixées par arrêtés préfectoraux. Cependant, les municipalités sont susceptibles de prendre des arrêtés particuliers en fonctions de circonstances spécifiques.

Article 211-6 : Les préfets déterminent, après avis des conseils généraux, la distance à observer entre les ruches d’abeilles et les propriétés voisines ou la voie publique, sauf, en tout cas, l’action en dommage s’il y lieu.

En général, les distances à respecter sont les suivantes:

  • propriété voisine: 10 m
  • voie publique: 20 m
  • bâtiment public (école, hôpital, etc.…) : 100 m

Article 211-7 : Les maires prescrivent aux propriétaires des ruches toutes les mesures qui peuvent assurer la sécurité des personnes, des animaux, et aussi la préservation des récoltes et des fruits.
A défaut de l’arrêté préfectoral prévu à l’article précédent, les maires déterminent à quelle distance des habitations, des routes, des voies publiques les ruchers découverts doivent être établis. Toutefois, ne sont assujetties à aucune prescription de distance les ruches isolées des propriétés voisines ou des chemins publics par un mur, une palissade en planches jointes, une haie vive ou sèche, sans solution de continuité
.

La hauteur minimale de cette séparation est de 2 m au dessus de la planche d’envol des ruches.

En zone rurale, ceci ne  pose guère de difficultés. En ville, si votre propriété est entourée de murs ou d’une haie, cela ne pose pas non plus de problèmes. On observe fréquemment des ruches sur des balcons, des terrasses, voire sur le toit de l’Opéra à Paris.

Déclaration de détention de ruches

Depuis le 1er janvier 2010, vous devez déposer chaque année entre le 1er septembre et le 31 décembre une “déclaration de détention et d’emplacement de ruches” dans un délai d’un mois après l’installation ou de la prise de possession de la ruche. Cette déclaration doit être adressée par courrier à la DGAL à Paris ou envoyée directement en ligne en suivant le lien suivant : https://www.formulaires.modernisation.gouv.fr/gf/cerfa_13995.do . Un numéro NUMAGRIT ou NAPI vous sera alors attribué.

Ensuite, il conviendra de faire une déclaration annuelle.

Lors de cette déclaration, vous devrez mentionner les coordonnées de votre rucher. S’il y en a plusieurs, ils devront tous être déclarés. Le numéro NAPI (numéro d’apiculteur) qui vous sera attribué devra figurer sur au moins 10% de vos ruches en caractères de 8 cm sur 5 cm. Si vous décidez d’identifier l’ensemble de vos ruches, la hauteur des chiffres sera de 3 cm.

Assurance

Il est fortement recommandé de souscrire une assurance Responsabilité Civile et protection juridique spécifique, même si en tant qu’apiculteur amateur, vous pratiquez une apiculture de loisir. Les principales revues apicoles vous proposent ce service pour une somme très modique.

Déclaration à l’administration fiscale

Lorsque vous détenez plus de 10 ruches, vous devez déclarer le nombre de ruches lors de votre déclaration annuelle de revenus.

Si vous commercialisez votre miel, quelque soit le nombre de ruches que vous possédez, vous devez être titulaire d’un numéro SIRET et faire une déclaration de revenus spécifique, comme si vous possédiez plus de 10 ruches.

Si vous possédez 10 ruches au plus et que votre production est exclusivement destinée à être donnée à votre famille et vos amis, vous devez être titulaire d’un numéro NUMAGRIT (cf. ci-dessus)

Déclaration à la Mutualité Sociale Agricole (MSA)

Si vous possédez plus de 50 ruches, vous devrez cotiser à la MSA.

Le registre d’élevage

Depuis 2005, la tenue d’un registre d’élevage est obligatoire.

Dans ce registre doivent figurer:

  • la localisation de votre (vos) rucher(s) avec le nombre de ruches au 1er janvier et au 31 décembre
  • les mouvements de ruches (y compris achats d’essaims ou de reines)
  • les suivis sanitaires effectués et les maladies éventuellement observées
  • les soins et les interventions (p.e. traitements varroa) avec références aux ordonnances vétérinaires (qui devront être conservées pendant 5 ans)
  • les nourrissements effectués

Ce registre d’élevage doit être conservé pendant 5 ans.

 

 

Crédit photo:

Matthew Traucht

Le matériel et l’équipement de l’apiculteur

Pour devenir apiculteur, il convient de posséder quelques outils pour travailler dans de bonnes conditions. Vous trouverez ci-dessous le matériel et l’équipement de l’apiculteur standard.

1. Au rucher

Deux outils sans lesquels rien ne peut se faire: un enfumoir et un lève-cadres.

L’enfumoir est à l’apiculteur ce que le volant est à la voiture: sans enfumoir, pas d’apiculture!!

 

Enfumoir

Toute intervention sur une ruche doit être précédée d’un léger enfumage de celle-ci. Avant de pénétrer chez qui que ce soit, il est d’usage de frapper à la porte. Envoyer un peu de fumée dans la ruche prévient les abeilles qu’elles vont recevoir de la visite. Ensuite, une fois que la ruche est ouverte, la fumée permet de les tenir au calme. Selon la race d’abeilles que vous aurez choisie, l’utilisation de la fumée sera plus ou moins intense. Avec des abeilles douces restant sur les cadres, l’enfumoir servira peu (cf. article “Quelle race d’abeilles choisir”)

Le lève-cadres est l’autre outil indispensable pour pouvoir intervenir sur une ruche. Il en existe de nombreux modèles, tant artisanaux que de série. Je vous conseille de faire l’acquisition d’un lève-cadres américain de type “professionnel”, beaucoup plus solide que les modèles ordinaires. Mon second conseil est d’en avoir deux. En effet, la peinture ne résiste pas très longtemps aux passages répétés à la flamme du chalumeau ou de la lampe à souder, et si votre lève-cadre tombe dans l’herbe un peu haute, vous risquez de ne pas le retrouver si vous ne vous en apercevez pas immédiatement.

 

Lève-cadres

Dans votre caisse à outils, vous devez également posséder:

L’indispensable

  • du combustible pour l’enfumoir : sapinette, copeaux de bois (non traité), granulés de luzerne ou lavande…
  • du papier journal pour allumer l’enfumoir
  • un briquet (de préférence aux allumettes qui n’aiment pas l’humidité)
  • une lampe à souder (à gaz) pour désinfecter immédiatement votre lève-cadres après toute intervention sur une ruche douteuse
  • une pince à reine
  • une balayette (à abeilles)
  • un carnet et un crayon
  • un bidon avec de l’eau javellisée (à renouveler chaque semaine)

Le souhaitable

  • un flacon de peinture de marquage pour reines à la couleur de l’année
  • un sécateur
  • une faucille
  • un marqueur (Posca) à la couleur de l’année pour noter vos observations
  • un couteau Z
  • une petite bobine de fil inox
  • une ou deux portières à la dimension des ruches
  • quelques pitons pour fixer les portières si le plancher est en bois
  • quelques cadres cirés (fonction du nombre de ruches)
  • quelques partitions isolantes (fonction du nombre de ruches)

Le possible

  • un appareil photo
  • un téléphone (au cas où…)

Remarque: ces deux appareils (ou un seul ayant les deux fonctions) n’aiment ni la cire ni la propolis qui collent si bien aux mains

Une vidéo vous montrera prochainement comment se servir de ces différents outils  et notamment comment allumer son enfumoir et le maintenir de manière à conserver une fumée froide.

2. A l’atelier

  • un chalumeau si vous possédez plus d’une ou deux ruches (la lampe à souder suffira dans ce cas) pour désinfecter toute ruche vide
  • une paire de pinces
  • une paire de pinces coupantes
  • un marteau
  • des pointes
  • de la peinture pour les ruches ou de l’huile de lin
  • quelques cadres neufs cirés

3. L’équipement de l’apiculteur

  • une vareuse ou une combinaison intégrale
  • des gants
  • de bonnes chaussures

Vêtements de protection

4. Eventuellement

  • une brouette à ruches
  • une brouette à hausses

Au fil du temps et des vidéos vous découvrirez quelques matériels complémentaires dont vous aurez besoin si vous souhaitez faire de l’élevage ou des récoltes particulières.

Crédits photos:

  • Beautifulcataya
  • John Brandauer

La ruche « Flow Hive »

La ruche “flow hive” ou ruche à écoulement (en français)

Cette ruche présentée comme révolutionnaire a été conçue et mise au point par deux australiens: Stuart et Cedar Anderson. Son principe de fonctionnement repose sur l’idée que lorsque l’apiculteur vient enlever les hausses pleines de miel, une fois la floraison terminée, il perturbe les abeilles en ouvrant la ruche, les écrase, voire les “noie dans le miel”.

Les Anderson ont donc conçu un système de hausses avec des cadres en plastique composés d’une partie fixe et d’une partie mobile.

La partie mobile est activée par une clef manipulée de l’extérieur par l’apiculteur. Cette partie mobile coulisse verticalement vers la partie supérieure des cadres, ouvrant ainsi les alvéoles en deux. Le miel peut ainsi  s’écouler par gravité pour être récupéré dans des collecteurs situés à l’extérieur de la ruche.

La ruche flow hive et le miel récolté

Objections

Reprenons les arguments avancés en faveur de cette ruche.

Retirer les hausses perturbe les abeilles

Comment s’effectue la récolte du miel avec des ruches classiques? Elle s’effectue en deux temps.

Dans un premier temps, l’apiculteur retire les hausses des ruches et les rapporte à la miellerie. Pour ce faire, il peut procéder de trois façons. Après avoir légèrement enfumé la ruche (1), et enlevé toit et couvre-cadres,

  • il prélève les cadres de hausse un par un et, après les avoir débarrassés à l’aide d’une balayette des abeilles s’y trouvant, les remet dans une hausse vide qui sera rapportée à la miellerie. Ce procédé assez long ne peut être envisagé que lorsqu’on possède quelques ruches. Ceci doit s’effectuer dans le plus grand calme et par beau temps.
  • il soulève la hausse et insère un plateau chasse-abeilles entre le corps de ruche et celle-ci. Les abeilles redescendront dans le corps de ruche au cours de la nuit et le lendemain, la hausse sera vide d’abeilles. Il n’aura plus qu’à la retirer sans avoir perturbé les abeilles.
  • il sépare la hausse du corps de ruche, et près l’avoir placée verticalement sur le toit de celle-ci, chasse les abeilles à l’aide d’un souffleur. Elles reviendront ensuite à la ruche.

La récolte est effectuée en pleine journée, par beau temps et dans le calme. A ce moment, les butineuses sont en majorité à l’extérieur de la ruche, il n’y a que peu de perturbations et aucune raison d’écraser les abeilles.

L’apiculteur risque d’emmieller les abeilles

Avant d’effectuer la récolte, il convient de s’assurer que les cadres sont bien operculés, c’est-à-dire que les abeilles ont bien obturé chaque alvéole par le dépôt d’une fine couche de cire. Ceci indique à l’apiculteur que le miel ne contient plus qu’environ 17% d’eau et peut être récolté sans risque de fermenter.

Dans ces conditions, le miel ne peut s’écouler et les abeilles ne risquent pas d’être emmiellées (“noyées” dans le miel).

Une fois les hausses vidées de leurs abeilles, et rapportées à la miellerie, les cadres sont sortis un par un, désoperculés, c’est-à-dire débarrassés de l’opercule de cire qui ferme les alvéoles, et mis dans un extracteur afin d’en extraire le miel par la force centrifuge. Là non plus, aucun risque d’emmieller les abeilles.

Miel s’écoulant de la ruche flow hive

Discussion

Ce système permet de ne pas ouvrir les ruches

1. Même à une époque, pas si ancienne que cela, où l’apiculture ne connaissait ni Varroa Jacobsoni (varroa), ni Vespa Velutina (frelon asiatique), ni les pesticides, il convenait d’ouvrir les ruches à plusieurs reprises dans  l’année, et ce pour plusieurs raisons:

  • au début du printemps, pour s’assurer qu’une reine était toujours présente dans la ruche et qu’elle pondait dans des conditions satisfaisantes
  • au cours du printemps, notamment pour
    • surveiller le développement de la colonie afin de prévenir l’essaimage
    • prélever des cadres en vue de faire de nouveaux essaims
    • introduire des cadres de cire gaufrée pour remplacer par roulement les vieux cadres
  • à l’automne, notamment pour
    • remplacer une reine vieillissante ou ne donnant pas satisfaction
    • regrouper des colonies trop faibles pour passer l’hiver
    • s’assurer que les colonies avaient des provisions suffisantes pour passer l’hiver, et à défaut les nourrir

Ouvrir les ruches était donc déjà une nécessité. Et la ruche “flow hive” n’échappe pas à la règle!

2. Comment s’assurer que le miel peut être récolté?

Lorsque les butineuses rapportent le nectar à la ruche, il contient environ 80 % d’eau. Par le travail effectué par les abeilles, introduction d’enzymes salivaires, le nectar est transformé en miel. Pour qu’il puisse se conserver, les abeilles doivent en outre faire baisser sa concentration en eau à un seuil d’environ 17%. A ce moment-là, elles l’operculent (voir ci-dessus). A défaut, une fermentation rapide avec production d’alcool interviendrait. La seule façon pour l’apiculteur de s’assurer que les hausses peuvent être enlevées, est donc de vérifier que les cadres sont bien operculés.

Ouvrir les ruches est là-encore une nécessité.

Cas des miels épais

Les miels de printemps sont généralement assez épais, et pour certains cristallisent très rapidement, y compris dans les cadres. Leur écoulement aura les plus grandes difficultés à se faire, voire sera impossible. Les cadres n’étant pas vidés que deviendront-ils???

Nécessité d’une grille à reine

Dans la ruche “flow hive”, les hausses ne doivent contenir que du miel. Au printemps, lorsque la ruche est à son plus fort développement, le corps est plein de couvain, de miel ou de pollen, généralement des trois, et la reine n’a plus la place de pondre. L’apiculteur a alors deux solutions:

  • retirer des cadres de couvain et de provisions en les remplaçant par des cires gaufrées pour faire de la place, et dans ce cas la reine pourra poursuivre sa ponte
  • ou mettre en place une ou plusieurs hausses. S’il n’a pas placé de grille à reine (2), la reine va monter pour y poursuivre sa ponte et les abeilles y stockeront du pollen

Si l’apiculteur n’ouvre pas la ruche pour s’assurer de la maîtrise de son développement, et si la reine est productive, le risque d’essaimage est grand,  et l’espérance d’une récolte dans la saison fort réduite.

Dans le cas de la ruche “flow hive”, si l’apiculteur ne met pas de grille à reine, la hausse va contenir couvain et pollen. Lors de la récupération du miel,  le couvain sera détruit, et le pollen (devenu pain d’abeilles) risque d’entraver le bon fonctionnement du mécanisme.

Fragilité du système

Certaines races d’abeilles propolisent (3) fortement l’intérieur des ruches, au point de rendre très difficile l’extraction des cadres. D’autres, manquant de place, bâtissent des constructions en cire dans tous les espaces disponibles. Dans ces deux cas de figure, le mécanisme d’ouverture des alvéoles a toutes chances d’être bloqué et de se briser si l’apiculteur force pour le faire fonctionner.

Partie fixe et partie mobile du cadre de la ruche flow hive

Mutilation des abeilles

Lors de l’ouverture des alvéoles pour récupérer le miel, les abeilles restent sur les rayons. Le risque est grand que bon nombre d’entre elles se retrouvent coincées entre la partie mobile et la partie fixe lorsque l’apiculteur va refermer le système.

Opercules

Après que l’apiculteur ait récupéré le miel, les abeilles vont déchirer tous les opercules pour pouvoir remplir à nouveau les alvéoles. Ces opercules qui représentent des quantités importantes de cire risquent fortement en se ramollissant par fortes chaleurs, de bloquer eux aussi le mécanisme.

D’autre part, tout apiculteur a besoin d’acheter de la cire gaufrée (ou de la produire lui-même) pour préparer de nouveaux cadres, soit en vue de remplacer ceux qui ont quelques années, soit en vue de se développer.

La cire étant d’un coût élevé, il remet généralement à son fournisseur la cire d’opercules pour en diminuer le coût d’acquisition. Dans le cas de la “flow hive”, la cire ayant séjourné longtemps dans la ruche, ne pourra plus être considérée au même titre que dans les ruches classiques avec hausses, et sera soit fortement dévalorisée, soit purement et simplement refusée par le fournisseur.

Pillage

Ceci est sans doute l’un des inconvénients majeurs de ce type de ruche. Lors de la récupération du miel, les cadres de hausse vont conserver une certaine quantité de miel qui n’aura pas eu le temps de descendre dans les récipients destinés à le récolter. Ceci va entraîner un pillage systématique des ruches par les colonies du rucher ou d’un rucher voisin, entraînant des désordres importants, avec de fortes mortalités et risque de transmission de maladies.

Responsabilité de l’apiculteur

Certaines vidéos ayant présenté la ruche “flow hive” et certains commentaires, mettent en avant le fait que la possession d’une telle ruche ne pose plus de problème pour les personnes n’ayant aucune connaissance de l’apiculture puisqu’il n’y a pas de nécessité de l’ouvrir.

Devenir propriétaire d’une ruche implique les mêmes devoirs et les mêmes responsabilités que d’être propriétaire de tout autre animal. Il faut en prendre soin, la nourrir et la soigner. Que l’on devienne apiculteur pour son loisir ou pour en vivre, cela s’apprend. S’il est possible d’apprendre les bases théoriques dans des manuels, cela ne suffit pas, tant s’en faut! La connaissance ne s’acquiert que par la pratique, donc ruche ouverte, et cadres sortis de la ruche quand il le faut. Et toute intervention sur une ruche doit avoir sa raison d’être.

 

Conclusion

De même qu’il existe des chiens “de salon”, la ruche “flow hive” ne peut être qu’une ruche de salon. Pour les nombreuses raisons évoquées ci-dessus, et sans évoquer les prix annoncés, prohibitifs, aucun apiculteur responsable ne pourra envisager de faire de l’apiculture durablement avec ce type de ruche.

Pour de plus amples renseignements cf. : Quel type de ruche choisir

(1) Enfumer la ruche consiste à introduire une fumée aussi froide que possible par le bas de la ruche pour prévenir les abeilles de l’intervention de l’apiculteur. De même qu’avant de pénétrer chez quelqu’un il est de bon ton de frapper à la porte, avant d’ouvrir une ruche il est recommandé de les prévenir.

(2) Grille à reine: grille placée entre le corps de ruche et la première hausse permettant aux abeilles de passer de l’un à l’autre, mais pas à la reine. Ainsi elle ne pourra pas venir pondre dans la ou les hausses.

(3) Propoliser: action d’enduire de propolis

 

 

Crédits photos

  • Un blog pour les abeilles 19 mars 2015
  • Bioalaune 24 février 2015
  • La ruche essaime 26 février 2015

Quelle race d’abeilles choisir ?

La plupart du temps, les personnes qui décident de devenir apiculteur, n’imaginent pas qu’il existe de nombreuses races d’abeilles, et donc ne se posent pas la question de savoir quelle race d’abeilles choisir. Souvent, les circonstances décident pour elles.

Et pourtant, il est bon de pouvoir choisir en connaissance de cause. Certaines races sont plus douces, d’autres plus prolifiques. Certaines hivernent sans problème particulier tandis que d’autres essaiment facilement.

Dans cet article nous découvrirons les races d’abeilles les plus utilisées par les apiculteurs.

 

Butineuse

Butineuse

Un peu de science

Comment se situe l’abeille domestique dans le règne animal ? Elle appartient :

  • à la classe des Insectes (3 paires de pattes)
  • à l’ordre des Hyménoptères Apocrites Aculéates (ailes membraneuses, abdomen et thorax séparés, les femelles possèdent un aiguillon) qui regroupent
    • les apoïdea (abeilles au sens large)
    • les formicoïdea (fourmis)
    • les vespoïdea (guêpes)
  • à la super-famille des Apoïdea (se nourrissent de nectar et de pollen)
  • à la famille des Apidae supérieurs (abeilles sociales produisant de la cire)
  • au genre Apis : elles vivent en colonies permanentes et se multiplient par essaimage
    • abeilles sociales
    • bourdons
  • à l’espèce Apis Mellifera qui comprend également
    • apis cerana
    • apis dorsata
    • apis florea

Remarque: Apis mellifera est encore parfois appelée apis mellifica. Il s’agit d’une erreur de dénomination commise par Linné lui-même en 1758 qui l’avait d’abord dénommée apis mellifera mellifera (qui transporte le miel), puis renommée apis mellifica mellifica (qui fabrique le miel). Or les règles de classement (taxonomie) n’autorisent pas la modification du nom initialement déposé. Il convient donc de dire : apis mellifera mellifera.

 

Origine

Apis Mellifera serait issue d’Apis Cerana située en Asie et se serait ensuite répandue à partir du Moyen-Orient à travers tout le continent européen d’un côté, africain de l’autre.

Au cours de cette dispersion géographique, diverses races se seraient développées.

On trouve actuellement en Europe:

  • Apis mellifera mellifera : abeille noire
  • Apis mellifera ligustica (ou italienne)
  • Apis mellifera caucasica (ou caucasienne)
  • Apis mellifera carnica (ou carniolienne)
  • Abeille Buckfast

L’abeille Buckfast a été créée par le frère Adam à l’Abbaye de Buckfast située dans le Devon (au sud-ouest de l’Angleterre). Au cours de la première guerre mondiale, un fléau détruisit la quasi totalité du cheptel britannique: l’acariose. Frère Adam, qui avait un sens de l’observation fort développé, remarqua qu’une des rares colonies survivantes était dotée d’une reine qui avait été importée d’Italie (apis mellifera ligustica), et fécondée par des mâles noirs locaux.

Cette ruche survivante lui servit de base pour étudier les croisements de bonne qualité entre diverses races. Par étapes successives, il multiplia et croisa sa souche de départ avec d’autres races, et stabilisa ses croisements pour de longues périodes d’observation avant de recommencer.

A ce jour, l’abeille Buckfast peut être considérée comme une race à part entière puisqu’elle est totalement stabilisée. Elle peut donc être utilisée pour réaliser des croisements.

Remarque: le nom Buckfast est en France une marque déposée. Il sera retenu dans cet article par mesure de simplification pour désigner la race (puisque reconnue comme telle par les scientifiques) d’abeilles créée par le frère Adam à l’Abbaye de Buckfast.

 

 

Principales caractéristiques morphologiques des différentes races d’abeilles

  • Abeille noire : abeille velue, de coloration foncée, de taille moyenne à grande, langue courte
  • Abeille italienne : abeille à dominante jaune, de taille moyenne
  • Abeille caucasienne : de coloration gris foncé, grande taille, la langue est particulièrement longue
  • Abeille carniolienne : abeille velue, de coloration foncée, grande taille, langue longue
  • Abeille Buckfast : couleur brun cuir, de taille variable suivant les lignées

 

Abeille chargée de pollen

Butineuse chargée de pollen

Définitions

  • Dérive : erreur de repérage des butineuses qui pénètrent dans une ruche qui n’est pas la leur.
  • Essaimage : mode de reproduction naturel des abeilles. La vielle reine quitte définitivement sa ruche, ou tout autre nid, avec une partie plus ou moins importante des abeilles de la colonie, sous la pression d’une jeune reine destinée à la remplacer. L’ensemble forme un essaim.
  • Nourrissement : action de nourrir les colonies avec du miel ou un sirop de sucre
  • Pillage : propension de certaines races d’abeilles à aller piller les réserves de miel d’une colonie à laquelle elles n’appartiennent pas.
  • Propoliser : action de récolter de la propolis et d’en enduire notamment parois de la ruche et têtes de cadres.
  • Tenue au cadre : fait pour les abeilles de rester sur les cadres lorsqu’ils sont sortis de la ruche pour observation.
  • Sensibilité aux maladies : les maladies les plus fréquemment observées sont :
    • les loques américaine et européenne : maladies du couvain contagieuses provoquées par des bactéries
    • la nosémose: maladie des abeilles causée par le développement d’un protozoaire, Nosema apis, dans les cellules de l’intestin
    • l’acariose : maladie des ouvrières provoquée par un acarien, Acarapis woodi, pénétrant dans les voies respiratoires

 

Avantages et inconvénients des principales races d’abeilles

Races

Avantages

Inconvénients

Abeille noire Moyennement essaimeuse, résistante à l’hiver, bien adaptée à son environnement Assez agressive, mauvaise tenue au cadre, dérive assez importante, production de miel assez faible, mauvaise éleveuse de reines, sensible aux maladies du couvain
Abeille italienne Très douce, résistante à l’hiver, développement rapide de la colonie au printemps, peu sensible aux maladies du couvain, peu essaimeuse, bonne tenue au cadre, excellente capacité d’élevage A besoin d’une forte population pour hiverner, consommation hivernale importante, rendement moyen
Abeille caucasienne Douce, peu essaimeuse, bonne tenue au cadre, bonne éleveuse, propolise beaucoup (pour ceux que cela intéresse) Sensible à la nosémose et à l’acariose, développement au printemps assez lent, propolise beaucoup (pour ceux que cela n’intéresse pas)
Abeille carniolienne Très douce, résistante à l’hiver, faible consommation, développement rapide au printemps, propolise peu Essaimeuse, construit lentement les rayons, sensible à la nosémose, propolise peu
Abeille Buckfast Très douce, rendements en miel importants, essaime peu, prolificité (ponte) importante, très bonne tenue au cadre Développement assez tardif, nourrissement impératif en cas de disette

 

Pour débuter, quelle race d’abeilles choisir ?

Selon que l’on recherche la douceur et la tenue au cadre, qui vont généralement de pair, la facilité d’élevage, le développement printanier, une faible propension à essaimer, une bonne facilité à hiverner, le choix est cornélien. Aucune race ne réunit à elle seule l’ensemble de ces qualités. Un compromis s’impose donc.

Une certitude : ne pas acheter son essaim chez le premier venu. Avant de choisir la race d’abeilles avec laquelle vous souhaitez travailler, choisissez un apiculteur qui vous fournira un matériel de qualité.

Il y a deux périodes pour acheter un essaim:

  • au mois de mai : vous pouvez espérer faire une récolte d’été si vous choisissez une race d’abeilles à fort potentiel; attention cependant au risque d’essaimage si la race y est particulièrement sujette. Il s’agira d’un essaim de l’année précédente dont la reine aura fait ses preuves quant à ses qualités de pondeuse
  • au mois de septembre : il s’agira dans ce cas d’un essaim de l’année dont vous devrez assurer le traitement contre le varroa, le nourrissement d’automne et l’hivernage. Le prix de ces essaims est un peu moins élevé.

Les essaims se vendent généralement sur cinq cadres : 3 cadres et demi à quatre cadres de couvain, et un  cadre de provisions (miel). Si l’achat se fait au printemps, il faudra le mettre immédiatement en ruche, et insérer un cadre de cire gaufrée entre le dernier cadre de couvain et le cadre de provisions. Dès que le cadre de cire gaufrée sera construit en pondu, il conviendra d’en mettre un autre. S’il s’agit d’une race à fort développement, cela ne prend que quelques jours. Et ceci jusqu’à ce que les dix cadres soient bâtis et remplis.

L’apiculteur que vous aurez choisi devra avoir fait ses preuves de sélectionneur ou de multiplicateur. Il sera en outre celui qui saura vous conseiller et vous fournir si le besoin se présente, des reines fécondées de qualité, soit pour renouveler vos reines vieillissantes, soit des reines mortes ou disparues lors d’un essaimage non maîtrisé. N’oubliez-pas: bien plus que la race, c’est la qualité de la reine qui fait la valeur de l’essaim.

 

Reine

Reine

Crédits photos:

  • raz1940 et Charlotte
  • Phil
  • Monika Fischer

 

Quel type de ruche choisir – suite

Cet article fait suite à l’article intitulé : « Quel type de ruche choisir » paru précédemment

 

Neuve ou d’occasion ?

L’acquisition d’une ruche étant un investissement à long terme, l’achat d’une ruche neuve est préférable. Si pour des raisons économiques vous préférez vous orienter vers l’achat d’une ruche d’occasion, allez la voir avant de l’acheter et inspectez-la attentivement.

Achat d’une ruche neuve

Elle doit être bien construite et dans un bois de qualité. Les ruches mal construites ou dans des bois inadaptés montrent des planches qui s’écartent ou se fendent dans les angles, laissant passer l’air et l’humidité. Elles n’assurent plus alors à la colonie la protection et la chaleur nécessaires à leur bon développement.

Les ruches fabriquées en France avec des bois issus des forêts françaises présentent à cet égard de nombreuses garanties.

Un certain nombre de fournisseurs vous proposent des ruches non montées à assembler vous-même. Leur prix est d’environ 15% inférieur au prix des ruches montées.

Achat d’une ruche d’occasion

Si, dans votre désir de devenir apiculteur, vous décidez de vous orienter vers l’achat de matériel d’occasion pour des raisons budgétaires, renseignez-vous pour savoir :

  • où, quand et par qui la ruche a été fabriquée (en France ou à l’étranger),
  • dans quelle essence de bois,
  • quel traitement de protection du bois a été appliqué à l’achat et ensuite à l’entretien (attention : il se trouve encore des ruches traitées à l’huile de vidange !)
  • dans quel état est le plancher : les planchers en bois (surtout s’ils sont en bois plein) ont tendance à pourrir à cause de l’humidité qui s’écoule le long des parois
  • si elle n’a pas servi depuis un certain temps, dans quelles condition elle a été stockée.

Elle ne devra être ni déformée ni piquée par les vers.

Donc : vous devez voir la ruche avant de l’acheter pour vous en faire une idée précise. Ce qui implique d’acheter des ruches vides (voir ci-dessous). En cas de doute, faites-vous accompagner par un apiculteur, ou à défaut quelqu’un qui connaît le bois.

Si l’état de la ruche vous convient, si le prix vous paraît justifié par rapport au prix du neuf, et que vous décidez de l’acquérir, vous devrez, quoi qu’on vous en ait dit, la désinfecter très soigneusement au chalumeau.

 

Bois ou plastique ?

Les ruches en bois possèdent un bon pouvoir isolant.

A condition d’avoir reçu un traitement de protection avant d’êtres mises en services, elles ont une durée de vie de plusieurs dizaines d’années.

Leur entretien est facile et la désinfection se fait par grattage (pour retirer cire et propolis) et passage au chalumeau.

Les traitements du bois

  • les lasures : couleurs sont agréables à l’œil, mais inconvénient de toute les lasures : traitement à refaire très fréquemment
  • les peintures à pigments métalliques d’aluminium : bonne résistance aux intempéries
  • l’huile de lin : pour être efficace ce traitement doit être fait à chaud pour pouvoir pénétrer profondément dans le bois
  • les cires microcristallines : doivent être appliquées par trempage à chaud (160 à 165°) pendant une dizaine de minutes. Elles pénètrent ainsi au cœur du bois et assurent une protection de longue durée. Nécessitant un équipement adapté, il convient de faire sous-traiter cette opération.

Les ruches en plastique sont plus légères que celles en bois, mais elles sont plus fragiles. Avantage : elles ne demandent pas d’entretien particulier.

Inconvénient : la désinfection ne peut se faire après grattage que par des bains délicats à utiliser.

 

Sédentaire ou pastorale ?

Si la ruche doit rester sur un emplacement fixe, préférez la ruche sédentaire.

Si en revanche, vous prévoyez de déplacer la ruche au gré des miellées, la ruche pastorale sera mieux adaptée.

 

Vides ou peuplées ?

Acheter des ruches peuplées présente deux inconvénients :

  • d’une part, vous devez attendre le mois de mars, voire avril, pour pouvoir l’ouvrir
  • d’autre part, à moins de vous faire accompagner d’un apiculteur ayant un minimum d’expérience, il vous sera impossible d’apprécier dans quel état se trouve la colonie et quel est l’âge de la reine

Il est donc préférable d’acheter une ruche vide. Si elle est neuve, il suffira de lui appliquer un traitement de protection. Si elle est d’occasion, il conviendra de la désinfecter et de refaire un traitement de protection du bois.

Ensuite vous vous adresserez à un apiculteur reconnu pour la qualité des essaims qu’il vend.

Vous aurez ainsi la certitude d’avoir un essaim en plein développement avec une jeune reine, promesse de belles récoltes (voir article sur les races d’abeilles).

 

Le support de ruche

Un dernier élément important mais non des moindres : sur quel support allez-vous poser votre ruche ?

Les ruches ne doivent pas être posées directement sur le sol.

Pour protéger votre dos et vos articulations, il convient de la poser à une hauteur suffisante pour vous permettre de travailler en étant droit. Cela aura également pour avantage de l’éloigner du sol et de son humidité.

En fonction de votre taille, vous pourrez la poser sur des parpaings (*), des supports en bois que vous pourrez facilement fabriquer ou acheter, ou tout autre support. Les palettes sont déconseillées car elles pourrissent rapidement. Evitez les pneus usagés dans lesquels l’eau de pluie croupit et sert de lieu de reproduction aux moustiques. Les couleuvres aiment également s’y loger.

Le support doit être absolument stable et très légèrement incliné sur l’avant (quelques degrés) pour que l’eau qui ruisselle sur le plancher puisse s’écouler.

 

 

A la suite de ces deux articles « quel type de ruche choisir », vous êtes maintenant en mesure de vous déterminer dans votre choix, en fonction de votre budget, de votre localisation géographique et du type d’apiculture que vous souhaitez pratiquer.

Alors maintenant choisissez, et passez à la prochaine étape : quelle race d’abeilles choisir !

 

 

(*) Si vous optez pour des parpaings, il faut en prévoir deux hauteurs. D’une part pour entretenir l’espace sous la ruche, et d’autre pour éviter que les vipères ne viennent y faire leur nid.

 

Quel type de ruche choisir ?

Ruches au bord de l'eau

Ruches au bord de l’eau

Vaste débat

La Dadant, la Langstroth, la Voirnot, pourquoi pas la Warré ? Quelle est la meilleure ruche ? La littérature apicole détaille à l’envi les différents types de ruches avec leurs avantages respectifs. Alors quel type de ruche choisir ? Les apiculteurs ayant quelques années, voire quelques dizaines d’années d’expérience, vous diront que ce n’est pas la ruche qui fait le miel, mais la qualité de la colonie qui s’y trouve.

 

Un peu d’histoire

Les égyptiens utilisaient, comme on peut l’observer sur les fresques des tombeaux de Louxor, des ruches en argile placées à l’horizontale. Dans de nombreux pays d’Europe, et notamment en France, on utilisait des troncs d’arbres évidés placés verticalement : les ruches-troncs. Les ruches pouvaient également être fabriquées en paille tressée (recouvertes ou non d’une couche d’argile ou de chaux, voire de bouses de vaches), ou en osier. Elles avaient le plus souvent la forme d’un panier renversé.

 

De nos jours

Au cours du dix-neuvième siècle, de nombreux apiculteurs ont créé leur propre modèle de ruches. Certains ont laissé leur nom dans l’histoire et leurs ruches sont toujours utilisées de nos jours :

  • Charles Dadant (1817-1902),
  • Lorenzo Lorraine Langstroth (1810-1895),
  • l’abbé Jean-Baptiste Voirnot (1844-1900),
  • et plus récemment l’abbé Emile Warré (1867-1951).

Dans cet article seront évoquées les caractéristiques des principaux types de ruches utilisées en France.

 

Principales caractéristiques des ruches

1. Les éléments d’une ruche

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2. Les types de ruches

La ruche Dadant

Composée de 10 cadres, la ruche Dadant est la plus utilisée en France et en Europe. Son volume intérieur est de 54 litres.

Au printemps, on place sur le corps de ruche une ou plusieurs hausses afin que les abeilles puissent y déposer leur récolte. Les cadres sont de dimensions inférieures à ceux du corps (14 cm x 42 cm contre 27 cm x 42 cm). De plus les hausses contiennent généralement 9 cadres au lieu de 10 dans les corps.

La ruche Dadant existe aussi en 12 cadres, avec un volume intérieur de 65 litres. Elle offre plus de réserves pour les hivernages. En revanche, son transport est plus malaisé. A réserver pour un usage sédentaire.

La ruche Langstroth

La ruche Langstroth est la ruche la plus utilisée dans le monde.

Corps et hausses sont de mêmes dimensions et comportent le même nombre de cadres : 10. Leurs dimensions sont de 20 cm x 43 cm. Ce type de ruche est appelé « ruche divisible ».

Les abeilles stockent le miel indifféremment dans l’un ou l’autre corps. D’un volume de 44 litres, soit 88 litres pour la ruche complète (corps et hausse), elle est beaucoup plus difficile à déplacer que la ruche Dadant du fait de son poids. Elle est généralement utilisée dans le sud de la France.

La ruche Voirnot

Cette ruche cubique (dimensions intérieures 36 cm x 36 cm x 36 cm) dont les cadres mesurent 33 cm x 33 cm pour le corps et 15,5 cm x 33 cm pour les hausses, respecte la forme de la grappe d’abeilles. Il s’agit également d’une ruche divisible.

Le miel, emmagasiné au dessus du couvain, protège les abeilles du froid en période hivernale. Elle est ainsi bien adaptée aux régions dans lesquelles les conditions d’hivernage sont difficiles (Est et Centre de la France)

La ruche Warré

De dimensions intérieures 30 cm x 30 cm x 21 cm pour la hauteur, cette ruche ne comporte pas de hausses. En effet, lorsqu’un corps est plein, au rajoute par-dessous un autre corps, et ce, en tant que besoin. A noter que ce type de ruche ne prévoit pas l’utilisation de cadres, les rayons étant bâtis sous des barrettes comportant une amorce de cire. Ce type de ruche, très en vogue depuis quelques années, semble être plus difficile à conduire que les trois autres cités ci-dessus et donner globalement de moins bons résultats.

Ruches en Crète

Ruches en Crète: différents modèles : Dadant et Langstroth

Quel type de ruche choisir ?

Quels sont les avantages et les inconvénients respectifs de ces différents types de ruches ?

Les ruches Dadant, du fait de la séparation du corps et des hausses, et à condition d’interposer une grille à reine entre les deux, sont simples à gérer puisqu’il n’y a pas de couvain dans les hausses. Lors de la récolte, les hausses sont relativement légères. En ce qui concerne la conduite des colonies, il est possible de restreindre le volume de la ruche en interposant une partition (séparation) entre deux cadres pour confiner les abeilles dans un espace plus restreint. En outre, elles peuvent être déplacées aisément par une personne seule.

Les ruches divisibles (Langstroth, Voirnot, Warré) se composent d’éléments de mêmes dimensions (corps et cadres). Ils sont de ce fait totalement interchangeables. La conduite des ruches est plus délicate qu’avec les ruches Dadant du fait que le couvain peut se trouver réparti à différents niveaux. Il convient donc de faire le tri au moment de la récolte. Leur poids (notamment pour les Langstroth) les rend difficilement transportable par une personne seule.

 

Avant de choisir

Deux éléments déterminants sont à prendre en considération:

  • Il convient de choisir le type de ruches le plus utilisé dans votre région (Dadant, Langstroth, Voirnot). Si vous souhaitez acheter des essaims, ou faire des échanges avec des confrères, vous vous retrouverez en difficulté dans le cas contraire.
  • Il faut impérativement se limiter à un seul type de ruches. En effet, si vous variez les modèles, les différents éléments ne seront pas interchangeables. Vous devrez donc avoir en stock des éléments correspondant à chaque type de ruche.

 

Dans le prochain article, nous aborderons :

  • le choix du matériau : bois ou plastique
  • le choix entre ruches neuves et ruches d’occasions
  • le traitement de protection des ruches
  • le choix entre ruches vides et ruches peuplées.

Devenir apiculteur : pourquoi?

Pourquoi devenir apiculteur ?

Avant de répondre à cette question interrogeons-nous sur ce qu’est un apiculteur.

Au préalable une petite mise au point

Lorsqu’il sera question, dans cet article et dans les articles suivants, d’« apiculteur », il sera fait référence à la fonction, et non à l’être humain qui l’exerce. Donc, ni misogynie, ni ostracisme quant aux personnes, Apicultrices et Apiculteurs, qui s’adonnent à cette passionnante activité.

Définition

Selon le Petit Robert, un apiculteur est un éleveur d’abeilles. Cette définition un peu sommaire ne nous renseigne pas vraiment sur ce qu’est un apiculteur, ni surtout sur ce qu’est son activité.

En effet, les abeilles n’ont jamais eu besoin que l’homme s’occupe de les élever. Les premières abeilles dont on retrouve les traces fossiles auraient vécu il y a quarante millions d’années !

Aujourd’hui

Est apiculteur celui qui, possédant une (ou plusieurs) ruche(s),

  • a choisi d’assurer son (leur) entretien, à savoir :
    • prévenir, dans la mesure du possible, les maladies,
    • à défaut, apporter les soins nécessaires,
    • nourrir si besoin,
    • favoriser le développement de la colonie (1),
    • assurer le renouvellement des générations,
    • renouveler la reine pour assurer la pérennité de la colonie
  •  en vue de produire et de récolter :
    • du miel
    • du pollen (2)
    • de la gelée royale (3)
    • de la propolis (4)
    • de la cire
    • des essaims (5)
    • des reines fécondées (6)

        Remarque: la plupart des apiculteurs amateurs récoltent seulement le miel

  •  tout en permettant la pollinisation des végétaux

Qui peut devenir apiculteur ?

Toute personne peut devenir apiculteur. Que l’on soit salarié ou profession libérale, étudiant ou retraité, homme, femme ou enfant, ingénieur ou artisan, artiste ou agriculteur, peut importe ! Il suffit d’être passionné et de s’intéresser à la nature.

Apiculteurs en herbe Pas d’âge pour devenir apiculteur !

De nombreuses raisons poussent à devenir apiculteur

Qu’il s’agisse de meubler son jardin, de compléter ses revenus ou d’en faire profession, de meubler ses loisirs ou d’occuper sa retraite, de découvrir une forme de vie et d’organisation sociale bien différentes de la nôtre ou d’aider la nature (bien malmenée de nos jours), ou encore d’obtenir des produits naturels de haute valeur biologique, peu importe !

Chacun a ses raisons, ses motivations, ses attentes et ses plaisirs.

Cependant l’apiculture ne peut être envisagée sous le seul angle d’un passe-temps quelconque. Elle demande un peu de temps, beaucoup d’observation, un peu de réflexion, et un minimum de connaissances. Elle est fascinante, enrichissante pour toute personne qui s’y adonne. En outre, elle apporte du plaisir.

Alors, si vous avez envie de récolter du miel pour vous et vos amis, de donner de la vie à votre jardin, de rêver devant une organisation sociale stupéfiante, d’aider la nature, en d’autres termes, si vous avez envie de devenir apiculteur, lancez-vous !

(1) Colonie : une colonie d’abeilles représente l’ensemble des individus qui vivent dans un même lieu, qui sont tributaires les uns des autres et qui sont incapables de subsister par eux-mêmes. Une colonie est formée de trois castes avec des rôles bien spécifiques : la reine, les ouvrières et les mâles. Au printemps, une colonie regroupe plusieurs dizaines de milliers d’individus.

(2) Pollen : Récolté par les abeilles,  le pollen est nécessaire à leur alimentation en tant qu’unique source de protéines et de lipides. Sans pollen, la ponte de la reine cesse rapidement.

       Remarque: le pollen récolté par les abeilles n’est pas celui qui provoque les allergies dont souffrent certaines personnes au printemps. Il s’agit dans ce cas de pollens anémophiles (transportés par le vent).

Abeille chargée de pollen

Abeille chargée de pollen

(3)  Gelée royale : seul aliment consommé par la reine, la gelée royale sert aussi à la nutrition des larves.

(4) Propolis : substance résineuse recueillie par les abeilles sur les bourgeons et écorces de  certains arbres

(5) Essaim: groupe plus ou moins important d’abeilles qui quittent la colonie. L’essaimage est le mode de reproduction naturel des abeilles.

(6) Reines fécondées : Lors de leur vol nuptial, et en cette seule et unique occasion, les reines vierges sont fécondées par 15 à 20 mâles, appelés “faux bourdons”.

Crédit photos:

  • Anonyme
  • Phil

 

Bienvenue sur ce blog: Devenir apiculteur – Aspects pratiques

La raison d’être de ce blog ? Un challenge!

Reconstituer au cours de la saison 2016 mon cheptel détruit en quelques jours par une attaque de frelons asiatiques, et publier ici un article ou deux par semaine, et quelques vidéos dès que le temps sera favorable à l’ouverture des ruches. Je vais partager avec vous sur ce blog mes réussites et mes échecs.

Vous trouverez dans la rubrique « A propos » une courte présentation de mon vécu professionnel.

 

Qui suis-je ?

Je m’appelle Olivier Perré et je suis apiculteur depuis 25 ans.

Au départ, l’apiculture n’était pour moi qu’une activité secondaire, menée en complément d’une activité équestre.

A l’automne 2012, je pris la décision de redéployer mes activités professionnelles et de me consacrer exclusivement à l’apiculture. Tout ceci fut mis en place au début du printemps 2013.

 

Apiculteur

Devenir apiculteur

Nouveaux investissements

Achat de ruches et ruchettes neuves pour standardiser le matériel, achat d’essaims et de reines en race pure, création de nouveaux ruchers, etc.…

 

Ruches traditionnelles

Ruches traditionnelles en paille

L’année 2016 devait être celle au cours de laquelle les efforts portaient leurs fruits : récoltes 2015 satisfaisantes, et, à l’hivernage, colonies magnifiques et nombreux essaims à vendre au printemps suivant.

Las !!

 

La catastrophe !

En deux ou trois jours, entre le 1er et le 8 novembre 2015, la plus grande partie du cheptel fut détruite par les frelons asiatiques (l’état définitif des pertes ne sera connu qu’en mars prochain). Catastrophe humaine et financière !!

vespa velutina nigrithorax

Frelon asiatique : Vespa velutina nigrithorax

Que faire ?

La décision fut prise en quelques jours : elle est l’objet du challenge dont je vous entretiendrai au cours des semaines et des mois à venir.

 

Ce challenge est le suivant :

  • reconstituer une partie du cheptel au cours de l’année 2016 et tenir ce blog où je vous ferai part de mes réussites et de mes échecs
  • aider et conseiller les futurs apiculteurs, souhaitant aussi bien installer une ruche dans leur jardin, que ceux voulant en tirer des revenu
  • publier un ou deux articles et/ou une vidéo par semaine pour :
    • expliquer ce que je fais, comment je le fais, et pourquoi je procède ainsi
    • dire où j’en suis par rapport à l’objectif que je me suis fixé

 

Thème du prochain article : Devenir apiculteur: pourquoi ?

 

Crédits photos :

  • Racineur
  • Anonyme
  • Crux-la-Ville